Publié le 15 janvier 2024 à 19h14. Le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) dénonce les frappes russes répétées contre les infrastructures énergétiques du pays comme des « crimes contre l’humanité », alors que des millions de civils sont confrontés à des coupures d’électricité et de chauffage en plein hiver.
- Le SBU affirme que la Russie a mené 256 attaques aériennes contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes depuis le début de la saison de chauffage.
- Ces attaques ciblent notamment les centrales hydroélectriques et thermiques, ainsi que les sous-stations électriques, plongeant de vastes régions dans l’obscurité et le froid.
- La situation à Kyiv est particulièrement critique, avec des coupures d’électricité, d’eau et de chauffage par des températures atteignant -10°C.
Le Service de sécurité d’Ukraine (SBU) a qualifié les attaques de la Fédération de Russie contre le secteur énergétique ukrainien de « crimes contre l’humanité », dans un message publié sur Telegram le 15 janvier. Selon le SBU, il s’agit d’une « politique constante du Kremlin visant à détruire le peuple ukrainien ».
Depuis le début de la saison de chauffage, l’Ukraine a enregistré 256 attaques aériennes russes contre ses installations énergétiques et ses systèmes de fourniture de chaleur. Depuis début octobre, les forces russes ont « attaqué de manière ciblée 11 centrales hydroélectriques et 45 centrales thermiques de grande taille », a précisé le SBU. 49 frappes aériennes ont également visé des centrales thermiques et 151 des sous-stations électriques dans différentes régions du pays.
Ces attaques ont été menées à l’aide de drones Geranium, ainsi que de missiles balistiques et de croisière Iskander, Caliber, X-101 et X-69. Les régions les plus touchées sont Kyiv et ses environs, ainsi que les oblasts de Kharkiv, Odessa, Dnipropetrovsk, Soumy, Mykolaïv et Tchernihiv.
Les conséquences de cette vague de froid sont dramatiques : des pannes d’électricité et de chauffage à grande échelle, et des perturbations de l’approvisionnement en eau affectent des millions de civils ukrainiens. Le 15 janvier, le New York Times a décrit la situation dans la capitale cet hiver comme « la plus grave » depuis le début de la guerre.
Le 10 janvier, les autorités de Kyiv ont signalé des pannes de courant d’urgence et l’arrêt des systèmes d’approvisionnement en eau, de chauffage et de transport électrique, suite à un ordre d’Ukrenergo, l’opérateur du réseau électrique national. Le maire Vitaliy Klitschko a indiqué qu’environ la moitié des immeubles d’habitation de la capitale étaient privés de chauffage après une frappe russe massive sur les infrastructures énergétiques du pays dans la nuit du 9 janvier. Il a appelé les habitants de Kyiv, ayant la possibilité de le faire, à quitter temporairement la ville si leurs résidences secondaires disposent de sources de chaleur et d’énergie alternatives.
Timur Tkachenko, chef de l’administration régionale de Kyiv, a déclaré que les spécialistes avaient réussi à stabiliser la situation après les arrêts d’urgence signalés par l’administration de la ville, et que le retour à la normale était en cours. La température à Kyiv a atteint -10°C.
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