Publié le 2024-02-29 14:35:00. La psychologue Ingrid Clayton explore dans son nouvel ouvrage un mécanisme de survie psychologique méconnu, la « flatterie », une tendance à s’adapter excessivement aux autres pour éviter les conflits, souvent issue de traumatismes passés.
- La « flatterie » (fawning en anglais) est une réaction inconsciente face à la menace, distincte des réponses classiques de fuite, de peur ou de blocage.
- Ce comportement, caractérisé par une complaisance excessive, une adaptation constante et une anticipation des besoins d’autrui, pourrait être plus répandu qu’on ne le pense.
- L’ouvrage d’Ingrid Clayton plaide pour une meilleure compréhension de ce phénomène et pour des recherches plus approfondies sur ses origines et ses conséquences.
La psychologie a longtemps identifié trois réactions primaires face au danger : la fuite, la peur et le blocage, regroupées sous le terme de « réponse traumatique ». Mais une quatrième réponse, plus subtile et souvent ignorée, commence à attirer l’attention des chercheurs : la flatterie. C’est ce que développe Ingrid Clayton, psychologue clinicienne, dans son livre Fawning (Saut, 20 £, ISBN-13 : 978-1785123023).
La flatterie se manifeste par une tendance à adopter un comportement excessivement agréable, accommodant et complaisant envers les autres. Selon Clayton, il s’agit d’une stratégie inconsciente de survie, visant à désamorcer les menaces potentielles en s’adaptant aux besoins et aux humeurs d’autrui. Elle souligne que cette réaction pourrait être la plus courante des réponses traumatiques, et pourtant, elle a reçu relativement peu d’attention dans le domaine de la recherche.
« Sans la sécurité de notre réponse de flatterie, nous sommes convaincus que quelque chose de terrible va certainement se produire et nous n’avons aucune protection contre cela. Ainsi, nous fauverons à nouveau », explique Clayton, révélant ainsi la profondeur de l’angoisse qui motive ce comportement. Elle décrit la flatterie comme un processus complexe, impliquant une évaluation constante de l’environnement et une analyse minutieuse des signaux sociaux. Il s’agit de percevoir les moindres changements d’humeur, d’anticiper les réactions et de s’adapter en conséquence, une véritable « métamorphose psychologique ».
L’auteure insiste sur la difficulté de cerner et de décrire la flatterie, en raison de sa nature insaisissable et de sa capacité à prendre différentes formes. Pourtant, elle avance des arguments convaincants pour la considérer comme un élément essentiel de la compréhension du traumatisme et plaide pour des recherches plus poussées sur ce phénomène psychologique émergent. Son approche, à la fois rigoureuse et empreinte d’une profonde humanité, promet de faire réfléchir les lecteurs et les professionnels de la santé mentale.
Paul D’Alton, psychologue clinicien universitaire, salue l’ouvrage d’Ingrid Clayton comme une contribution importante à la compréhension des mécanismes de survie psychologique.
