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Secretary-General of ASEAN meets with the Minister of State for Defence of Singapore

by Nicolas Lefèvre
L'impératif du droit de passage en transit

Des ministres de la Défense de l’ASEAN se sont réunis à Singapour le 30 mai 2026 pour garantir la libre circulation du commerce dans les corridors internationaux. En marge du Dialogue de Shangri-La, ces dirigeants ont réaffirmé l’importance du droit de passage en transit, conformément à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.

L’enjeu est clair : sécuriser les artères vitales de l’économie mondiale. Le détroit de Malacca et celui de Singapour ne sont pas seulement des passages géographiques, mais des points de rupture potentiels. En s’accordant sur le respect strict des normes internationales, les huit pays du bloc sud-est asiatique tentent de sanctuariser leurs eaux face à une instabilité mondiale croissante.

L’impératif du droit de passage en transit

Le point central des discussions a porté sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, UNCLOS. Selon le Strait Times, les ministres ont insisté sur la nécessité absolue de maintenir le droit de passage en transit. Ce cadre juridique est le seul rempart contre les tentatives de restriction unilatérale de l’accès aux voies maritimes internationales.

Cette position n’est pas simplement diplomatique, elle est existentielle. Pour Singapour et ses voisins, toute remise en cause de l’UNCLOS transformerait des corridors de commerce en zones de friction politique. La réunion a permis d’aligner les positions des membres de l’ASEAN pour présenter un front uni face aux pressions extérieures.

L’effet domino du détroit d’Ormuz

Le spectre de l’obstruction maritime hante les discussions. Le précédent est récent et brutal : suite aux frappes des États-Unis et d’Israël le 28 février 2026, la République islamique d’Iran a réagi en fermant le détroit d’Ormuz. Cette décision a paralysé un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié.

L’ASEAN observe ce scénario avec une inquiétude palpable. Si un acteur peut fermer un détroit stratégique pour faire pression sur la communauté internationale, le risque de contagion est réel. En réaffirmant leur engagement pour la libre circulation, les ministres de la Défense cherchent à envoyer un signal : les corridors d’Asie du Sud-Est ne seront pas utilisés comme des leviers de chantage géopolitique.

Tensions internes sur la taxation du transit

L’unité du bloc est toutefois mise à l’épreuve par des ambitions financières nationales. En avril, le ministre des Finances de l’Indonésie a suggéré l’imposition d’une taxe sur les navires traversant les détroits de Malacca et de Singapour, avec un partage des revenus entre trois parties.

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Cette proposition a créé un malaise immédiat. Pour contrer l’idée d’une gestion unilaterally restrictive, les ministres des Affaires étrangères de l’Indonésie et de la Malaisie ont dû préciser qu’aucun pays ne peut décider seul des conditions d’accès au détroit de Malacca. Cette friction interne souligne la tension permanente entre la volonté de monétiser des ressources géographiques et la nécessité de respecter le droit de passage en transit pour éviter d’effrayer les partenaires commerciaux.

La coopération militaire via l’ADMM-Plus

Au-delà de la diplomatie maritime, la sécurité régionale passe par l’interopérabilité des armées. Les discussions ont porté sur le renforcement des entraînements conjoints, particulièrement dans les domaines de l’assistance humanitaire et des secours en cas de catastrophe.

La coopération militaire via l'ADMM-Plus
cluster (priority): straitstimes.com

Le cadre privilégié pour ces échanges est l’ADMM-Plus, une plateforme élargie qui intègre non seulement l’ASEAN, mais aussi des puissances majeures. Les pays impliqués dans ce mécanisme sont les suivants :

  • Les membres du bloc sud-est asiatique (ASEAN)
  • Australie
  • Chine
  • Inde
  • Japon
  • Nouvelle-Zélande
  • Russie
  • Corée du Sud
  • États-Unis

Cette structure permet aux petits États de l’ASEAN de maintenir un dialogue organique avec les grandes puissances mondiales, tout en gérant les menaces de sécurité non conventionnelles. La présence de partenaires comme la France, avec qui Singapour a également discuté du respect de l’UNCLOS, montre que la stabilité des détroits asiatiques est une préoccupation globale et non régionale.

Le dialogue de Shangri-La confirme que la sécurité maritime n’est plus une question technique de navigation, mais le pivot central de la stabilité économique mondiale. Entre les provocations au Moyen-Orient et les tentations fiscales internes, l’ASEAN joue un jeu d’équilibriste pour rester le garant d’un commerce fluide et ouvert.

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