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Selon un rapport du milieu des affaires | L’absence des fonctionnaires hypothèque le centre-ville

Publié le 15 janvier 2026 à 5h00. Le centre-ville de Montréal étouffe. Les acteurs économiques montréalais blâment le maintien du télétravail au sein de la fonction publique québécoise et demandent un retour massif au bureau pour relancer l'activité…

Selon un rapport du milieu des affaires | L’absence des fonctionnaires hypothèque le centre-ville

Publié le 15 janvier 2026 à 5h00. Le centre-ville de Montréal étouffe. Les acteurs économiques montréalais blâment le maintien du télétravail au sein de la fonction publique québécoise et demandent un retour massif au bureau pour relancer l’activité économique.

  • Une étude révèle que les employés du centre-ville de Montréal travaillent en moyenne 1,3 jour de moins au bureau par semaine qu’en 2019.
  • La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Montréal centre-ville et l’Institut de développement urbain du Québec (IDU) pointent du doigt le gouvernement provincial et ses sociétés d’État.
  • Les commerçants du centre-ville subissent des pertes hebdomadaires de 14,1 millions de dollars en raison de la baisse de fréquentation.

La lente reprise du centre-ville de Montréal est directement liée à l’absence prolongée des fonctionnaires, toujours autorisés à travailler à distance trois jours par semaine, selon un rapport rendu public ce jeudi par la CCMM, Montréal centre-ville et l’IDU. Les représentants du milieu des affaires estiment que le gouvernement du Québec doit prendre ses responsabilités et inciter ses employés à revenir au bureau.

L’étude de la firme Volume 10 met en évidence un contraste frappant avec d’autres métropoles internationales. À Paris, New York et Sydney, l’écart par rapport à la fréquentation pré-pandémie n’est que de 0,5, 0,8 et 0,8 jour respectivement, tandis que Singapour a retrouvé ses niveaux d’avant 2020. À Montréal, la situation est plus préoccupante : les travailleurs du centre-ville se rendent au bureau en moyenne 1,3 jour de moins par semaine qu’en 2019.

Pour la première fois, les acteurs économiques pointent du doigt le gouvernement québécois et ses sociétés d’État. « C’est sûr que ça vient plomber un bilan », a déclaré Isabelle Melançon, PDG de l’IDU, soulignant que d’autres provinces canadiennes ont affiché une reprise plus rapide. « En Ontario et en Alberta, on a emboîté le pas beaucoup plus rapidement, et pas à trois jours par semaine, mais à cinq jours par semaine », a-t-elle précisé, estimant que cette approche a eu un impact positif sur le terrain.

Bien que Québec ait annoncé en décembre son intention de demander à ses fonctionnaires de travailler au bureau trois jours par semaine, cette mesure n’a pas encore été appliquée dans les sociétés d’État, dont plusieurs ont leur siège social au centre-ville, comme Hydro-Québec et Investissement Québec. L’IDU et la CCMM appellent les ministres responsables à faire preuve de « responsabilité civique » et à exiger un retour au bureau d’au moins trois jours par semaine.

« C’est inacceptable que les sociétés d’État qui ont des bureaux au centre-ville ne reviennent pas à trois jours par semaine, au moins »

Isabelle Dessureault, PDG de la CCMM

La Ville de Montréal est également sous le feu des critiques, car elle ne demande que deux jours de présence physique par semaine à ses employés, selon l’étude de Volume 10. Or, elle est l’une des premières victimes de la désertion du centre-ville. La valeur des immeubles a chuté de 10,8 % entre 2019 et 2026, comme l’a confirmé le dernier rôle d’évaluation foncière. « La Ville doit se poser des questions », a insisté Isabelle Dessureault, soulignant le « devoir d’exemplarité » de l’administration municipale. La CCMM a salué le premier budget de la mairesse Soraya Martinez Ferrada, mais reconnaît qu’il ne contenait pas de « grande initiative de rayonnement » pour le centre-ville.

Les conséquences de cette désertion sont réelles et pèsent lourdement sur les commerçants, qui perdent en moyenne 14,1 millions de dollars par semaine, selon le rapport de Volume 10. Les restaurants (en particulier ceux qui servent le midi), les commerces de détail et les bars sont les plus touchés. « On pourrait se dire : le centre-ville se vide, mais ça se remplit ailleurs. Mais est-ce qu’on veut laisser ça glisser et que Calgary devienne la deuxième métropole au pays ? », s’est interrogée Isabelle Melançon.

Au-delà des pertes financières, la situation a des conséquences sur le développement professionnel des jeunes travailleurs, qui ne bénéficient pas du mentorat de leurs collègues expérimentés. « Ce n’est pas normal que des jeunes engagés en 2021 n’aient pas encore mis les pieds dans leurs bureaux. »

Rectificatif
Une version précédente de ce texte suggérait que le ministre des Finances, Eric Girard, aurait été en mesure d’émettre une directive pour le retour au travail des travailleurs d’Hydro-Québec et d’Investissement Québec. Or, ces deux sociétés d’État ne relèvent pas de lui. Nos excuses.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.