Les marchés financiers scrutent attentivement les nominations potentielles à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed) et les décisions de l’Opep-8, tandis que les indicateurs économiques mondiaux dessinent un tableau contrasté de la conjoncture actuelle.
Les spéculations vont bon train concernant le successeur de Jerome Powell à la présidence de la Fed. Selon des sources proches du dossier, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a mené des entretiens avec plusieurs candidats, dont Kevin Hassett, directeur du Conseil national économique (NEC), l’ancien gouverneur de la Fed Kevin Warsh, ainsi que les actuels gouverneurs Christopher Waller et Michelle Bowman. Bloomberg rapporte que Kevin Hassett serait le favori, une information que la Maison Blanche a toutefois qualifiée de spéculative. Cette possibilité a entraîné une inversion notable de la courbe des rendements du Trésor, les anticipations d’une politique monétaire plus accommodante faisant réagir le marché obligataire.
L’Opep-8 devrait, quant à elle, maintenir ses niveaux de production inchangés lors de sa réunion virtuelle de dimanche. Les discussions devraient se concentrer sur l’évaluation des capacités de production maximales de ses membres, en vue d’établir des références pour 2027. Des tensions persistent entre les pays souhaitant augmenter leurs quotas, malgré des capacités inutilisées limitées, et les Émirats arabes unis, qui disposent d’un potentiel de production important.
Sur le front économique, les indices PMI manufacturiers américains, publiés par S&P Global, ont affiché un repli à 51,9 en novembre (contre 52,5 le mois précédent), tandis que l’indice de production est tombé à 53,6. Les entreprises signalent un ralentissement des commandes, notamment à l’exportation, et une accumulation sans précédent des stocks. L’inflation des prix à la production manufacturière a ralenti, mais reste supérieure aux moyennes récentes.
L’indice PMI des services ISM aux États-Unis a progressé à 55,0, atteignant son plus haut niveau depuis quatre mois. Le secteur des services a enregistré une forte hausse de la production et des nouvelles affaires, mais l’inflation des coûts d’intrants s’est accélérée, en raison notamment des droits de douane et de la hausse des salaires.
En Australie, le produit intérieur brut (PIB) réel du troisième trimestre sera publié le 3 décembre. Les analystes prévoient un ralentissement de la croissance par rapport aux 0,6 % enregistrés au deuxième trimestre, malgré une forte hausse des dépenses en capital privées. La Banque de réserve d’Australie (RBA) surveillera attentivement ces données, mais les marchés ne prévoient pas de modification des taux d’intérêt avant 2026.
En Suisse, l’indice des prix à la consommation (IPC) d’octobre a déçu les attentes, n’affichant qu’une hausse de 0,1 % sur un an, contre une prévision de 0,3 %. Ce chiffre a exercé des pressions sur le franc suisse (CHF) et relancé les spéculations sur un éventuel retour à une politique de taux négatifs (NIRP), bien que la probabilité d’une telle décision reste faible pour l’instant.
Dans la zone euro, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) préliminaire de novembre a montré une inflation de 2,1 %, conforme aux attentes. Les secteurs des services et du cœur de l’inflation ont affiché des chiffres supérieurs au consensus. La Banque centrale européenne (BCE) semble se diriger vers une phase terminale de son cycle de resserrement monétaire, le prochain point d’attention étant les projections économiques de décembre.
Au Canada, le rapport sur l’emploi d’octobre a été solide, avec une création de 66 600 postes, dont 85 000 à temps partiel. Le taux de chômage est tombé à 6,9 %. Ces données n’ont eu que peu d’impact sur les anticipations concernant la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC), qui considère que sa politique actuelle est appropriée.
Enfin, la publication du rapport sur les dépenses de consommation personnelle (PCE) américain, initialement retardée en raison de la fermeture du gouvernement, est prévue le 5 décembre. Les données d’août montrent une augmentation de l’IPC de 0,3 % en glissement mensuel, et de 2,7 % sur un an. Les analystes de Pantheon Macroeconomics anticipent une hausse modérée du PCE en septembre, avec un ralentissement de l’inflation des biens et une absorption par les distributeurs des coûts tarifaires.
