Les marchés financiers s’apprêtent à une semaine riche en données économiques majeures, tant aux États-Unis qu’à l’international, tandis que la saison des résultats d’entreprises bat son plein. Des indicateurs clés sur l’inflation, l’emploi et la croissance économique seront scrutés de près par les investisseurs, susceptibles d’influencer les stratégies des banques centrales.
Aux États-Unis, l’attention se portera sur la publication, potentiellement retardée, de l’indice des prix à la consommation (IPC) de septembre. Les analystes de Citigroup anticipent une hausse de 0,3 % sur un mois (prévision précédente : 0,4 %), tandis que le taux annuel devrait augmenter de 0,3 % (prévision : 0,3 %). Cette publication intervient alors que les responsables de la Réserve fédérale (Fed) affichent des opinions divergentes sur la politique monétaire, certains craignant une inflation persistante et d’autres anticipant un affaiblissement du marché du travail.
La saison des résultats du troisième trimestre s’intensifie également. 68 % des entreprises représentant 72 % de la capitalisation boursière devraient publier leurs chiffres d’ici la fin du mois. Les prévisions tablent sur un ralentissement de la croissance des bénéfices du S&P 500 à 6 % sur un an (contre 11 % au deuxième trimestre), malgré des ventes potentiellement plus fortes et la contribution des “Magnificent 7” (les sept grandes valeurs technologiques). Goldman Sachs (GS) estime que la croissance du bénéfice par action (BPA) devrait se modérer en raison de facteurs tels que les fluctuations des taux de change et l’augmentation des droits de douane, qui ont grimpé de 33 % par rapport au deuxième trimestre pour atteindre 93 milliards de dollars (environ 86 milliards d’euros).
Les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) restent un point d’attention majeur, avec une croissance prévue de 75 % sur un an au troisième trimestre pour les dépenses des “hyperscalers” (les géants du cloud). GS souligne que les investissements en IA ont historiquement dépassé les attentes. Les grandes banques américaines publieront également leurs résultats la semaine prochaine, et les premières indications, issues d’une conférence à laquelle ont participé 21 des 22 principales banques, sont généralement positives, avec des résultats solides et des perspectives encourageantes pour le troisième trimestre.
Par ailleurs, les données sur les ventes au détail de septembre aux États-Unis, également susceptibles d’être retardées, sont attendues en hausse de 0,4 % sur un mois (prévision précédente : 0,6 %). Bank of America note une augmentation de 2,0 % sur un an des dépenses totales par carte de crédit et de débit, mais une croissance mensuelle désaisonnalisée plus modérée de 0,2 %.
En dehors des États-Unis, la balance commerciale chinoise d’octobre sera scrutée. ING prévoit un rebond des exportations de 7,6 % sur un an, soutenu par une demande extérieure résiliente, et une augmentation modeste des importations de 2,3 % sur un an, ce qui devrait générer un excédent commercial d’environ 99,7 milliards de dollars (environ 92 milliards d’euros). Cependant, ING souligne que la faiblesse des dépenses de consommation en Chine, malgré de bons chiffres pour la “Golden Week” (semaine d’or), pourrait nécessiter des mesures de soutien politique ciblées.
L’Australie publiera les chiffres de l’emploi de septembre. Westpac s’attend à une augmentation de 15 000 emplois, ce qui stabiliserait le taux d’emploi/population autour de 64 %. Le taux de chômage devrait légèrement augmenter à 4,3 %.
Le Royaume-Uni publiera les données sur l’emploi et les salaires d’août. Le taux de chômage devrait rester stable à 4,7 %, et les gains salariaux moyens devraient également se situer à 4,7 %. La Banque d’Angleterre (BoE) ne devrait pas modifier sa politique monétaire à court terme, mais une détérioration du marché du travail pourrait influencer ses décisions futures.
Enfin, la Banque de réserve d’Australie (RBA) publiera le procès-verbal de sa réunion du 30 septembre, au cours de laquelle elle a maintenu son taux directeur inchangé à 3,60 %. La RBA a souligné que l’inflation avait considérablement diminué, mais que la baisse de l’inflation sous-jacente avait ralenti. ING estime que le ton de la RBA est devenu moins accommodant, ce qui réduit la probabilité d’une baisse des taux à court terme.
