Publié le 9 novembre 2023 à 23:05:00. Le programme ambitieux de réhabilitation des bidonvilles de Mumbai peine à décoller, avec seulement un quart des logements promis achevés à moins de deux mois de l’échéance fixée pour 2025. Cette lenteur pourrait compromettre l’objectif de fournir un logement décent à des centaines de milliers de familles.
- À ce jour, seuls 37 560 logements sur les 150 000 (1,5 lakh) promis entre 2022 et 2025 ont été achevés et attribués.
- 517 projets de réhabilitation étaient au point mort en 2022, dont une partie a été relancée grâce à l’intervention d’institutions financières.
- Les difficultés rencontrées pourraient remettre en question l’objectif de construire 500 000 (5 lakh) logements d’ici 2030.
La Slum Rehabilitation Authority (SRA), l’organisme chargé de la réhabilitation des bidonvilles, fait face à des obstacles considérables. Si l’objectif initial était de construire 150 000 logements en trois ans, le bilan actuel est loin d’être satisfaisant. Selon les responsables de la SRA, seulement 37 560 logements ont pu être achevés et attribués à leurs occupants jusqu’en septembre dernier.
En 2022, une analyse a révélé que 517 projets de réhabilitation étaient bloqués. Parmi ceux-ci, 45 ont bénéficié du soutien d’institutions financières, qui ont permis de relancer 21 projets en engageant de nouveaux constructeurs. Le sort des autres projets reste incertain. Parallèlement, 228 autres projets ont été répartis entre différentes agences gouvernementales, avec un potentiel de construction de 157 304 logements.
Le Mumbai Metropolitan Region Development Authority (MMRDA) a notamment entamé le réaménagement du bidonville de Ramabai Nagar à Ghatkopar. La municipalité de Mumbai (BMC), quant à elle, a lancé des appels d’offres pour 64 des 77 bidonvilles qui lui ont été attribués, mais un faible nombre de candidatures a nécessité la publication de nouveaux appels d’offres pour 26 d’entre eux.
La SRA s’efforce également d’identifier les bidonvilles qui entravent la réalisation de projets d’infrastructure majeurs. Par exemple, 327 bidonvilles situés dans le secteur de Magathane-Borivli, et affectant le projet de tunnel souterrain reliant Thane et Borivali, ont été démolis et leurs habitants réinstallés en tant que personnes affectées par le projet (PAP). La SRA a remis 343 immeubles aux PAP à la MMRDA. De même, 136 habitants de bidonvilles ont été relogés pour faciliter la construction du nouveau complexe de la Haute Cour de Bombay.
La BMC estime que 50 000 concessions PAP seront nécessaires pour ses projets d’infrastructure, tandis que le gouvernement prévoit 150 000 concessions supplémentaires pour d’autres projets. Ces infrastructures sont considérées comme cruciales pour le développement de la région métropolitaine de Mumbai, qui contribue à hauteur de 1 500 milliards de dollars à l’économie indienne.
« L’objectif fixé par le gouvernement implique la construction de 279 logements par jour. Il est peu probable que ce chiffre soit atteint. La véritable amélioration de la qualité de vie passe par l’amélioration des bidonvilles existants, en fournissant des équipements et des services de base. Il faudrait se concentrer sur le réaménagement des bidonvilles situés sur des terrains vulnérables, et non sur la monétisation des terrains comme dans le cas de Dharavi. »
Shweta Tambe, directrice de l’Habitat and Livelihood Welfare Association
« Lorsque l’on constate une performance aussi désastreuse, il est logique de procéder à des évaluations régulières, d’identifier les problèmes et de rectifier le tir. Les contraintes budgétaires semblent être un facteur déterminant, ce qui prouve que le partenariat avec des entreprises privées n’est pas une solution viable. En réalité, c’est une approche prétentieuse. Le gouvernement devrait se concentrer sur le financement de la construction de logements par la SRA, ce qui représente un coût relativement faible par rapport aux nombreux projets d’infrastructure en cours. »
Nitin Killawala, architecte et activiste
Selon les données disponibles, seulement 838 332 baraquements ont été recensés et 581 458 d’entre eux ont fait l’objet d’une enquête biométrique, sur un total d’environ 1 379 086 bidonvilles recensés.
