Publié le 29 octobre 2025 16h48. Washington a annoncé l’annulation de treize liaisons aériennes opérées par des compagnies mexicaines vers les États-Unis, une décision qui suscite une vive réaction au Mexique et menace de perturber un secteur clé de l’économie touristique.
- Les États-Unis ont annulé 13 routes aériennes mexicaines desservant l’aéroport international Felipe Ángeles (AIFA).
- La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a fermement rejeté cette décision, la qualifiant d’irrespectueuse envers le Mexique.
- Cette mesure intervient après une décision similaire concernant l’alliance entre Delta et Aeroméxico, exacerbant les tensions dans le secteur aérien bilatéral.
La décision américaine, justifiée par un supposé non-respect des accords aériens bilatéraux, a provoqué une réaction immédiate de la part du gouvernement mexicain. La présidente Claudia Sheinbaum a défendu la souveraineté de son pays et a promis de contester cette mesure.
« Le Mexique n’est la piñata de personne. Le Mexique est respecté. »
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique
Elle a indiqué que le ministère des Affaires étrangères cherchait à organiser des rencontres avec les autorités américaines compétentes pour tenter de résoudre la situation.
Selon la présidente Sheinbaum, les compagnies aériennes mexicaines qui ont été transférées à l’AIFA se disent satisfaites des nouvelles installations, bénéficiant de plus d’espace et de sécurité pour leurs opérations. Elle a également défendu la décision de son prédécesseur de 2022 de rediriger le trafic de fret de l’aéroport international de Mexico (AICM) vers l’AIFA, la qualifiant d’action nécessaire en raison de la saturation de l’AICM et de mesure de protection civile.
L’annulation concerne treize liaisons aériennes mexicaines, existantes ou en projet, et met fin à tous les services combinés entre les États-Unis et l’aéroport international Felipe Ángeles (AIFA). Cette décision compromet également les plans d’Aeroméxico, Volaris et Viva Aerobus d’inaugurer de nouvelles routes entre octobre et décembre, une période cruciale pour le secteur aérien. Les autorités américaines estiment que le Mexique a continuellement violé l’accord aérien en vigueur. Mardi, le secrétaire aux Transports américain, Sean Duffy, a déclaré que cet accord avait été « piétiné » par le pays voisin.
Les liaisons aériennes concernées incluent des vols d’Aeroméxico entre Mexico et San Juan, Porto Rico, ainsi que des liaisons entre l’aéroport Felipe Ángeles et les villes texanes de Houston et McAllen. Les vols de Volaris entre Mexico et Newark, New Jersey, ont également été annulés, tout comme les liaisons proposées par Viva Aerobus depuis l’aéroport Felipe Ángeles vers Austin, Texas ; New York-JFK ; Chicago-O’Hare ; Dallas/Fort Worth ; Denver-Houston ; Los Angeles ; Miami ; et Orlando, en Floride.
Cette nouvelle dispute s’ajoute à une série de désaccords entre le Mexique et les États-Unis dans le secteur aérien. Le mois dernier, le ministère des Transports américain avait déjà ordonné la fin de l’alliance entre Delta et Aeroméxico, invoquant des impacts négatifs sur d’autres compagnies aériennes américaines. Cette décision est actuellement contestée par les parties, qui mettent en avant les avantages de cet accord pour le tourisme.
La présidente Sheinbaum a nié tout impact négatif sur les compagnies aériennes américaines et a annoncé qu’une analyse de la concurrence dans le secteur aérien serait menée par la Commission nationale antitrust afin de défendre la position du gouvernement mexicain. Elle s’est dite optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord, soulignant la « bonne entente » qu’elle avait eue avec le président Donald Trump et rappelant que leur dernier échange téléphonique, samedi dernier, avait été « très bon ».
« Les négociations n’ont jamais été clôturées »
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique
Elle a également demandé du « respect » et une « analyse conjointe pour déterminer s’il existe une quelconque base permettant de conclure à une violation de la concurrence », comme le prétendent les États-Unis.
Ce vendredi, la présidente mexicaine rencontrera les représentants d’Aeroméxico, Viva Aerobus et Volaris pour discuter de la situation et connaître leur position, tout en insistant sur la nécessité du dialogue pour trouver une solution à ce problème qu’elle juge « sans fondement ».