Home SantéLes hommes ont besoin de deux fois plus d’exercice que les femmes pour réduire le risque de maladie cardiaque, selon une étude

Les hommes ont besoin de deux fois plus d’exercice que les femmes pour réduire le risque de maladie cardiaque, selon une étude

by Sophie Martin

Publié le 28 octobre 2025 13:12:00. Une nouvelle étude révèle que les femmes pourraient bénéficier d’une protection cardiovasculaire comparable à celle des hommes avec la moitié du temps d’exercice, remettant en question les recommandations actuelles en matière d’activité physique.

  • Les femmes réduisent leur risque de maladie coronarienne avec environ 250 minutes d’exercice hebdomadaire, contre 530 minutes pour les hommes.
  • Les femmes semblent tirer plus de bénéfices du même niveau d’effort physique que les hommes, même si elles sont généralement moins actives.
  • Les résultats suggèrent la nécessité d’adapter les directives d’activité physique en fonction du sexe biologique.

Des chercheurs de l’Université de Xiamen en Chine ont analysé les données de plus de 80 000 participants de la base de données UK Biobank, publiant leurs conclusions dans la revue Nature Cardiovascular Research. L’étude met en lumière des différences significatives dans la manière dont les corps des hommes et des femmes réagissent à l’exercice physique.

Les résultats indiquent que les femmes pratiquant environ 250 minutes d’activité physique par semaine voient leur risque de maladie coronarienne diminuer de 30 %. Pour obtenir un effet similaire, les hommes doivent s’adonner à une activité physique pendant près de neuf heures, soit 530 minutes. Cette disparité confirme des tendances observées dans des études antérieures, suggérant que les femmes bénéficient proportionnellement plus de l’exercice que les hommes.

Actuellement, les recommandations internationales préconisent aux adultes de 16 à 64 ans au moins 150 minutes d’exercice modéré ou 75 minutes d’activité vigoureuse par semaine, complétées par des exercices de renforcement musculaire deux fois par semaine. L’étude révèle que ces directives pourraient ne pas être optimales pour tous.

Parmi les participants en bonne santé au début de l’étude, les femmes respectant les recommandations hebdomadaires présentaient un risque de développer une maladie cardiaque inférieur de 22 % sur une période de huit ans, comparativement à celles qui étaient inactives. Chez les hommes, cette réduction du risque était de 17 %.

L’écart s’est avéré encore plus marqué chez les plus de 5 000 participants déjà atteints d’une maladie coronarienne. Les femmes qui suivaient les recommandations en matière d’exercice physique affichaient un risque de décès trois fois inférieur à celui des hommes ayant un niveau d’activité comparable.

Les auteurs de l’étude soulignent que les femmes et les hommes peuvent tous deux tirer des « avantages cardiovasculaires substantiels » d’une activité physique régulière, mais que les femmes semblent disposer d’un avantage biologique intrinsèque. Les explications possibles incluent des différences hormonales, la composition des fibres musculaires et la façon dont le corps utilise le glucose comme source d’énergie.

Le professeur Yan Wang, co-auteur de l’étude, a déclaré :

« Nos résultats pourraient motiver les femmes inactives à faire davantage d’exercice, réduisant ainsi leur risque cardiovasculaire. »

Yan Wang, professeur et co-auteur de l’étude

Dans un article accompagnant l’étude, le Dr Emily Lau, spécialiste de la santé cardiovasculaire des femmes au Massachusetts General Hospital, insiste sur l’importance d’une approche personnalisée des recommandations d’exercice.

« Ces données montrent qu’il n’y a pas de solution universelle. Il est temps d’intégrer des stratégies spécifiques aux femmes dans les lignes directrices de prévention cardiovasculaire. »

Emily Lau, spécialiste de la santé cardiovasculaire des femmes

Cette recherche souligne la nécessité de réévaluer les recommandations médicales concernant l’activité physique, en tenant compte non seulement de l’âge et de l’intensité, mais également des différences biologiques fondamentales entre les femmes et les hommes. Elle pourrait conduire à des stratégies de prévention cardiovasculaire plus efficaces et mieux adaptées aux besoins spécifiques de chaque sexe.

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