L’argent s’impose comme un actif majeur sur les marchés financiers, tandis que les banques centrales continuent d’accumuler de l’or. Parallèlement, aux États-Unis, les investissements des ménages se dirigent de plus en plus vers les actions, au détriment de l’immobilier.
La flambée récente du prix de l’argent a propulsé ce métal précieux au quatrième rang mondial des actifs en termes de capitalisation boursière, dépassant ainsi des géants comme Google. Sa valeur s’élève désormais à environ 3,7 billions de dollars (3 700 milliards de dollars), derrière l’or et les actions.
L’attrait des banques centrales pour l’or reste également bien ancré. L’Inde a enregistré au dernier trimestre la deuxième plus forte augmentation trimestrielle de ses réserves d’or jamais constatée, témoignant de cette tendance persistante.
Les métaux précieux semblent profiter de la hausse des rendements obligataires japonais. Depuis le début de l’année 2023, le rendement des obligations japonaises a augmenté d’environ 1,5 point de pourcentage, atteignant près de 1,98 %, un niveau inédit depuis les années 1990. Sur la même période, l’or et l’argent ont vu leur valeur bondir d’environ 135 % et 175 % respectivement. Certains analystes s’interrogent sur un possible rôle de ces métaux comme valeur refuge face à l’endettement public croissant.
En Europe, la transition vers une mobilité 100 % électrique semble ralentir. L’Union européenne a renoncé à l’interdiction totale des moteurs à combustion prévue initialement pour 2035, en abaissant son objectif de réduction des émissions de 100 % à 90 %. Cette décision offre aux constructeurs automobiles une plus grande flexibilité, leur permettant de continuer à vendre des véhicules essence, diesel et hybrides rechargeables après 2035, et de compenser leurs émissions grâce à des carburants alternatifs ou des matériaux plus propres. L’industrie automobile, confrontée à des pertes importantes dans ses programmes de véhicules électriques – notamment une charge de 19,5 milliards de dollars pour Ford – estime que les conditions économiques actuelles ne sont pas encore favorables à une transition rapide.
Cette évolution s’inscrit dans une convergence avec l’approche américaine, où les considérations de stabilité économique et de compétitivité industrielle priment sur les objectifs climatiques rigides, notamment dans un contexte de tensions commerciales et de faible croissance du secteur manufacturier.
Aux États-Unis, une situation inhabituelle se dessine : la richesse des ménages investie en bourse dépasse désormais celle détenue dans l’immobilier. Ce phénomène, qui ne s’est produit que quelques fois dans l’histoire moderne (fin des années 1960 et fin des années 1990), a été suivi à chaque fois de périodes de baisse prolongée des marchés boursiers. Cette concentration accrue sur les actions rend le patrimoine des ménages plus vulnérable à la volatilité des marchés, et pourrait inciter le gouvernement américain à intervenir en cas de krach boursier.
Au cours de la dernière décennie, le marché immobilier mondial a connu des mutations profondes, avec un écart croissant entre les prix d’achat et les loyers dans les grandes villes. L’indice UBS Global Real Estate Bubble Index (2015-2025) révèle des disparités importantes selon les régions. Miami se distingue par une forte appréciation du capital (hausse de 93,1 % des prix immobiliers), tandis que Madrid est confrontée à une pénurie de logements locatifs (hausse de 48 % des loyers). Londres et Milan ont connu une baisse des prix et des loyers, tandis que Zurich et Munich ont affiché une croissance plus stable.
