Jugé au Old Bailey de Londres, le récidiviste Simon Levy encourait la réclusion à perpétuité pour les meurtres de Carmenza Valencia-Trujillo et de Sheryl Wilkins, ainsi que pour le viol et la séquestration d’une troisième victime, commis alors qu’il bénéficiait d’une libération sous caution en 2025.
Un parcours criminel marqué par des défaillances institutionnelles et des libertés sous caution
Condamné à plusieurs reprises pour des agressions sexuelles commises entre 2018 et 2025, Simon Levy, âgé de 40 ans, a pu poursuivre ses attaques à travers Londres en raison d’une succession d’erreurs judiciaires et policières. Arrêté en novembre 2024 par la British Transport Police (BTP) pour des agressions sexuelles dans le métro, il a bénéficié de délais administratifs dans l’organisation d’une parade d’identification qui l’ont laissé en liberté. Les autorités, dont le Crown Prosecution Service (CPS) et la police métropolitaine, ont par la suite admis des manquements collectifs dans le suivi des dossiers de libération sous caution.
L’Independent Office for Police Conduct (IOPC) a pour sa part notifié un manquement professionnel grave à l’encontre d’un agent de police et d’un sergent détective.
Les attaques dans les transports en commun et les drames de l’année 2025
Tout en étant soumis à un suivi au titre du registre des délinquants sexuels, Levy mentait aux officiers qui venaient le contrôler à son domicile partagé avec sa mère, affirmant qu’il ne sortait jamais. En réalité, le prévenu utilisait les heures de pointe dans le réseau du métro et du réseau Overground pour traquer ses proies, dissimulant ses mains sous des vêtements pour agresser des voyageuses.
En janvier 2025, il a agressé une première femme dans un parking situé à Tottenham, près de la station White Hart Lane. La victime a subi une fracture de la clavicule avant d’être violée et étranglée.
Simon Levy a déclaré au Old Bailey, via The Guardian, qu’il lui demandait de se taire, d’être calme et qu’il l’avait attrapée.
La rescapée a décrit aux assises du Old Bailey le calvaire enduré, expliquant qu’elle avait perdu connaissance et s’était réveillée avec des brûlures et des douleurs intenses. Bien qu’elle ait indiqué aux forces de l’ordre connaître le quartier de son agresseur dès les jours suivant les faits, elle n’a été auditionnée formellement qu’après les meurtres perpétrés ultérieurement.
Les meurtres de Carmenza Valencia-Trujillo et de Sheryl Wilkins
Le 17 mars 2025, le parcours meurtrier s’est poursuivi avec l’assassinat de Carmenza Valencia-Trujillo, âgée de 53 ans. Le corps de cette grand-mère a été découvert dans un immeuble largement abandonné du domaine d’Aylesbury, dans le sud-est de Londres. Moins de deux semaines après une nouvelle comparution judiciaire où son maintien en liberté n’avait pas été contesté avec la rigueur requise, l’accusé a frappé une seconde fois.
Le 28 août 2025, Sheryl Wilkins, âgée de 39 ans et mère de quatre enfants, a été retrouvée morte dans le même espace de stationnement à Tottenham où la première agression de janvier s’était déroulée. Le procureur Tom Little KC a souligné lors des audiences que les victimes étaient ciblées en raison de leur vulnérabilité, l’accusé pensant échapper plus facilement à la justice en s’en prenant à des travailleuses du sexe.
Les réactions des autorités judiciaires et policières
À l’issue du procès mené devant la justice britannique, les services de police ont rappelé la nature préméditée et violente des agissements du condamné. Le détective en chef inspecteur Neil John, de Scotland Yard, a livré une évaluation sévère du comportement de l’intéressé après l’énoncé des verdicts.
Le détective en chef inspecteur Neil John, de Scotland Yard, a affirmé qu’tout au long du procès, il avait fait preuve d’un mépris complet pour les victimes et la victime rescapée, tout en étant parfaitement conscient de l’impact durable et dévastateur de ses actes.
Les investigations menées par les équipes de la police métropolitaine et de la British Transport Police se sont appuyées sur des analyses ADN, des données de téléphonie, des titres de transport et l’exploitation de caméras de vidéosurveillance. La police a par ailleurs formulé un appel à destination d’éventuelles autres victimes pour qu’elles se manifestent auprès des enquêteurs.