Home SantéSoja, coco, amande, tous les yaourts végétaux ne se valent pas, l’avertissement de notre experte

Soja, coco, amande, tous les yaourts végétaux ne se valent pas, l’avertissement de notre experte

by Sophie Martin

Les alternatives végétales aux yaourts traditionnels, autrefois cantonnées aux rayons des magasins bio, sont désormais omniprésentes dans les supermarchés. Si leur popularité ne cesse de croître, il est essentiel de comprendre que toutes ces options ne se valent pas en termes de bénéfices nutritionnels, selon une experte.

Eva Vacheau, biochimiste et biologiste spécialisée dans la perte de poids et auteure de Révolution Perte de poids, souligne l’importance de distinguer les différentes familles de yaourts végétaux. « Il faut comprendre qu’il y a plusieurs familles, et tous n’ont pas le même intérêt nutritionnel », explique-t-elle.

Le yaourt au lait de coco : un allié pour la digestion

Pour de nombreux consommateurs, le passage aux alternatives végétales est motivé par des problèmes digestifs tels que ballonnements ou douleurs après la consommation de lait de vache. Dans ce contexte, les yaourts au lait de coco se distinguent particulièrement.

« Ils sont très intéressants chez les personnes qui souffrent du syndrome de l’intestin irritable ou d’inflammations digestives », précise l’experte. Naturellement doux et dépourvus de lactose, ils évitent l’acidité parfois désagréable des produits laitiers classiques. Leur texture onctueuse offre également un avantage psychologique, permettant de savourer un dessert gourmand sans les inconforts digestifs associés.

Attention à la teneur en calories et en protéines

Si le plaisir gustatif est indéniable, il est crucial de rester vigilant quant à l’équilibre nutritionnel. Un yaourt au lait de coco apporte en moyenne de 80 à 86 kcal pour 100g, contre seulement 42 à 45 kcal pour un yaourt au soja ou un yaourt nature classique – soit quasiment le double de calories.

En termes de protéines, le soja reste l’alternative végétale la plus proche du lait animal. Les versions à base de coco ou d’amande sont souvent beaucoup plus pauvres en protéines. De plus, pour obtenir une texture crémeuse, les fabricants ajoutent parfois des amidons modifiés ou des épaississants, qui peuvent aggraver les ballonnements chez les personnes sensibles, contrecarrant ainsi l’effet recherché.

Probiotiques : un écart à l’avantage des produits laitiers

Les yaourts sont souvent appréciés pour leur teneur en probiotiques, ces bonnes bactéries bénéfiques pour l’intestin. Cependant, les yaourts végétaux ne peuvent pas encore rivaliser avec les produits laitiers traditionnels sur ce point. Bien qu’ils contiennent des ferments, Eva Vacheau précise qu’ils ne représentent pas « un équivalent strict du yaourt au lait de vache ». La richesse microbiotique d’un yaourt bien fermenté reste, à ce jour, supérieure.

Il convient également d’être prudent avec les versions aromatisées aux fruits ou au chocolat, qui peuvent se transformer en de véritables « desserts plaisir » très sucrés, à consommer avec modération.

Privilégier la diversité

Alors, faut-il céder à la tentation des yaourts végétaux ? Oui, mais avec discernement. Pour l’experte, la clé réside dans la variété. « L’idée est de diversifier, c’est hyper important pour le microbiote d’avoir une diversité dans les aliments du quotidien ».

Si vous tolérez le lait, privilégiez les yaourts de vache, de chèvre ou de brebis pour leur apport en calcium et en protéines. Si vous êtes sensible, alternez entre le soja (pour les protéines et sa légèreté) et le coco (pour le confort digestif et le plaisir gustatif).

« Et privilégiez toujours les versions “nature” et ajoutez vous-même vos fruits frais ou une pincée d’oléagineux », conclut Eva Vacheau.

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