Une attaque de drone menée le 20 octobre 2026 contre un marché de la région frontalière d’Abyei a fait 53 morts et 27 blessés, selon les autorités locales. Cette frappe s’inscrit dans une vague de bombardements aériens meurtériaux qui endeuillent le Soudan, où le conflit entre l’armée et les paramilitaires s’intensifie.
Le bilan humain de l’attaque sur le marché d’Abyei
L’administration de la zone d’Abyei a annoncé les chiffres de cette offensive dévastatrice survenue dans une zone commerciale très fréquentée. Les premières constatations indiquent qu’un avion militaire a largué environ 22 munitions au cœur d’une zone commerciale très fréquentée
, a précisé l’administration dans un communiqué transmis au journal Le Monde. Le bilan initial de l’attaque fait état de 53 personnes tuées et de 27 blessés graves.
Parmi les victimes de ce drame figurent des civils vulnérables, parmi lesquels des femmes, des enfants, des personnes âgées, des commerçants locaux, ainsi que des Sud-Soudanais rentrant dans leur pays et des réfugiés soudanais fuyant le conflit en cours. Les autorités locales préviennent que le bilan pourrait encore s’alourdir face à la gravité des blessures recensées.

La multiplication des frappes de drones à travers le pays
Ce bombardement dans la région frontalière s’ajoute à une série de frappes aériennes meurtrières enregistrées au cours du week-end dans plusieurs régions du Soudan. Dans le Kordofan occidental, un raid perpétré le samedi 17 octobre a coûté la vie à neuf enfants soudanais âgés de 5 à 10 ans au sein d’un camp de déplacés situé à l’est de Sanakit. Deux jours plus tard, un autre drone a touché un quartier résidentiel de Khartoum, tuant un père et ses trois enfants de 2 à 6 ans.
Un marché situé à Al-Dibab, dans le sud du pays au sein du Kordofan occidental, avait essuyé une frappe similaire la veille. Un témoin oculaire, Ahmed Abakar Wadi, a raconté à l’AFP avoir aidé à enterrer 50 victimes de cette même frappe, précisant que le drone était revenu frapper les lieux dix minutes après un premier impact. D’autres violences ont touché Nyala, capitale du Darfour du Sud, où une frappe a causé la mort de 17 personnes, dont sept officiers des Forces de soutien rapide (FSR).
L’ONU a par ailleurs indiqué que plus de 1 100 personnes ont été tuées dans des attaques de drones à travers le pays au cours du premier semestre 2026, tandis que le Croissant-Rouge soudanais a déploré la perte de 25 volontaires tués dans l’exercice de leurs fonctions.

Les réactions diplomatiques et la crise humanitaire en toile de fond
Face à la tournure prise par ces opérations aériennes, le ministère des Affaires étrangères du Soudan du Sud a convoqué l’ambassadeur du Soudan pour signifier sa condamnation ferme de l’attaque perpétrée à Abyei. La zone frontalière concernée possède un statut spécial depuis la sécession du Soudan du Sud en 2011 et reste placée sous la supervision d’une force intérimaire des Nations unies.
Du côté des Nations unies, Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, a exprimé l’alarme de l’organisation face à ces offensives incessantes qui endommagent les infrastructures essentielles. Angela Kearney, représentante de l’UNICEF au Soudan, a également souligné que les familles soudanaises font tout leur possible pour protéger leurs enfants.