Des manifestations massives en France et des révélations de gestes déplacés par des policiers à Montréal ont poussé la communauté étudiante et des groupes sociaux à manifester le 17 octobre 2026 devant le Consulat général de France, exigeant de meilleures conditions d’études et la fin de la violence d’État.
Des étudiants convergent à Montréal
Des centaines de personnes se sont rassemblées le 17 octobre 2026 au centre-ville de Montréal pour exprimer leur solidarité envers le mouvement de contestation sociale qui secoue l’Hexagone.
Ce soulèvement français, amorcé par le blocage des lycées et la mobilisation contre la vie chère, a culminé avec des manifestations à vaste échelle pour dénoncer les conditions d’apprentissage, selon les informations de Presse-toi à gauche. À Montréal, la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAÉCUM), l’Union étudiante du Québec (UEQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) se sont mobilisées sous la bannière de la campagne « Dans l’œil de la précarité ». La FAÉCUM représente 40 000 étudiants par l’entremise de 85 associations, tandis que la FECQ représente près de 70 000 personnes étudiantes de 29 établissements collégiaux. Les étudiants québécois protestent contre les loyers excessifs, l’insécurité alimentaire, les stages non rémunérés et l’insuffisance des bourses.
La communauté étudiante en a assez de subir les effets d’un néolibéralisme décomplexé. Au Québec comme en France, c’est la jeunesse qui continue de faire les frais des mauvaises décisions des gouvernements.
Frédéric Beaudet, secrétaire général de la FAÉCUM
D’autres responsables étudiants ont également réagi à ce front commun, dont Loïc Goyette et Abdelmajid El-Mouhib.
Des manifestants ciblent les actions du SPVM
Le rassemblement étudiant s’est conjugué avec une autre manifestation organisée par France Insoumise Montréal et le Parti communiste révolutionnaire au square Phillips, samedi 17 octobre 2026 à 15h00. Les deux cortèges ont uni leurs voix pour former un front commun sous le thème de la « violence d’État ». La marche conjointe faisait écho aux violences survenues lors des manifestations en France, où un étudiant a notamment perdu une main à Saint-Étienne.

Le volet montréalais de la contestation s’est aussi nourri des révélations concernant un policier du poste 21 du SPVM filmé en train d’uriner sur une personne en situation d’itinérance. Ce nouveau scandale s’ajoute à celui du poste 39, qui avait déjà fait parler de lui plus tôt cet été. Pour marquer leur indignation, les manifestants ont déposé une toilette devant les cordons de policiers antiémeutes postés devant le Consulat général de France.
Québec solidaire met en garde le gouvernement
Ces secousses sociales trouvent un écho direct sur la scène politique provinciale. La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a déclaré le 20 octobre 2026 à l’Assemblée nationale que les manifestations en France constituent des signaux d’alerte que le gouvernement doit écouter pour préserver les services publics.
Mme Ghazal a exigé du premier ministre désigné Paul St-Pierre Plamondon qu’il débloque des fonds d’urgence. L’analyste politique Georges Mercier, interrogé sur les ondes du FM93, a toutefois tenu à nuancer l’image d’une France entièrement à feu et à sang, précisant que la vie continue normalement dans la vaste majorité des régions et distinguant les manifestants pacifiques des groupes radicaux et des pilleurs d’opportunité.
La FAÉCUM représente 40 000 étudiants par l’entremise de 85 associations.