Les marchés américains ont ouvert en baisse jeudi, fragilisés par des résultats décevants d’Oracle qui relancent les inquiétudes concernant les investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA). Cette contreperformance intervient après une journée de soulagement, marquée par une attitude moins restrictive que prévu de la Réserve fédérale américaine (Fed).
Les investisseurs se concentrent désormais sur le mois de novembre, avec la publication de données clés prévue pour le 5 novembre, ainsi que plusieurs réunions de banques centrales à l’échelle mondiale. La question centrale demeure : l’IA sera-t-elle le moteur d’un rallye de fin d’année, ou les doutes sur sa rentabilité freineront-ils un éventuel « Rallye de Noël » ?
Les contrats à terme sur l’indice S&P 500 ont brièvement plongé de plus de 1 % en début de séance européenne, effaçant la quasi-totalité des gains enregistrés après la réunion de la Fed, avant de réduire partiellement leurs pertes. La pression s’est particulièrement fait sentir sur les valeurs technologiques, avec une chute de plus de 10 % pour les actions Oracle en pré-marché, après que ses revenus dans le cloud n’aient pas atteint les attentes.
Oracle, souvent considéré comme un indicateur des dépenses liées à l’IA, a rapidement refroidi l’appétit pour le risque dans le secteur. NVIDIA a également subi des baisses en pré-marché, tandis que d’autres segments du marché ont montré des signes de faiblesse, l’indice Nasdaq reculant de 2 % et testant le seuil des 90 000 points.
Les chiffres d’Oracle ont soulevé des questions sur la valorisation des entreprises technologiques et la capacité à rentabiliser les investissements considérables dans l’infrastructure IA. Des préoccupations similaires avaient déjà pesé sur les marchés en novembre dernier.
Il est encore trop tôt pour prédire une répétition de la volatilité de novembre, mais les traders restent prudents. Les résultats de Broadcom, attendus après la clôture des marchés, pourraient également influencer le sentiment des investisseurs.
L’évolution des rendements obligataires sera également un facteur clé. Une hausse des taux d’intérêt pourrait pénaliser les actions de croissance. Avant la détérioration du sentiment technologique, les investisseurs avaient été rassurés par la possibilité de nouvelles baisses de taux de la Fed et par l’annonce de nouveaux achats d’obligations du Trésor pour renforcer les réserves des banques, ce qui avait fait baisser les rendements obligataires.
Analyse technique du S&P 500
Malgré la baisse actuelle, la tendance haussière du S&P 500 reste intacte. Il est donc important d’observer la clôture de la séance d’aujourd’hui avant de tirer des conclusions définitives. La zone comprise entre 6 790 et 6 812 points, qui correspond à une ancienne résistance et à la moyenne mobile exponentielle sur 21 jours, constitue un niveau de support important pour les acheteurs.
Si ce niveau est franchi à la baisse, une chute vers le prochain support à 6 731 points pourrait se produire. En dessous de 6 700 points, l’attention se porterait alors sur 6 600 points, un objectif baissier à plus long terme.
À l’inverse, si la tendance haussière se maintient, le niveau de 6 900 points sera à surveiller. Une cassure de ce niveau pourrait signaler un nouveau plus haut, dépassant le pic d’octobre à 6 953 points.
