Publié le 24 octobre 2024 10h30. La recherche sur l’autisme est au cœur de vives discussions aux États-Unis, marquée par des controverses sur la prévalence de la maladie, des interrogations sur l’efficacité de certains traitements et des remises en question des financements alloués à la recherche.
- La Food and Drug Administration (FDA) américaine a élargi l’autorisation d’utilisation de la leucovorine pour les personnes présentant des traits associés à l’autisme et une carence en folate cérébral.
- Des affirmations infondées liant l’autisme aux vaccins et au paracétamol (Tylenol) refont surface, notamment sous l’impulsion de personnalités influentes au sein de l’administration Trump.
- Les scientifiques s’efforcent d’identifier des sous-groupes au sein du spectre autistique afin d’améliorer la pertinence des essais cliniques et des traitements.
Ces derniers mois, le débat autour de l’autisme a pris de l’ampleur aux États-Unis. Le ministère de la Santé et des Services sociaux, sous l’administration Trump, a relancé des questions sur la prévalence croissante de ce trouble neurodéveloppemental. Des allégations, largement discréditées par la communauté scientifique, établissant un lien entre l’autisme, la vaccination et la prise de paracétamol ont également été ravivées, suscitant l’inquiétude des experts.
Parallèlement, la FDA a annoncé une extension de l’utilisation de la leucovorine, une forme d’acide folique, pour le traitement des personnes présentant des caractéristiques associées à l’autisme et souffrant d’une carence en folate au niveau cérébral. Cette décision s’appuie sur 23 études, impliquant 46 individus, principalement de jeunes enfants, qui présentent une déficience en folate due à des variations génétiques affectant son transport. Les détails de ces études sont disponibles ici.
Cependant, cette autorisation intervient dans un contexte de coupes budgétaires et de changements de personnel au sein des agences gouvernementales dédiées à la recherche sur l’autisme, ce qui inquiète quant à la pérennité des programmes de financement et à la continuité des travaux scientifiques.
La communauté scientifique s’active également sur d’autres fronts. Des chercheurs s’intérent de près à l’identification de sous-groupes au sein du spectre autistique, dans l’espoir de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ce trouble et de développer des traitements plus ciblés. L’approche multidimensionnelle de la recherche sur les sous-types d’autisme est considérée comme prometteuse pour améliorer les résultats des essais cliniques.
D’autres pistes de recherche sont explorées, notamment l’étude des interactions entre les gènes et l’environnement, ainsi que l’analyse des facteurs prédictifs d’une vie épanouie pour les jeunes et les adultes autistes. Les bénéficiaires de l’Autisme Data Science Initiative mènent des projets innovants dans ce domaine.
Enfin, des études remettent en question certaines théories établies, comme celle reliant l’autisme au microbiome intestinal. Une récente revue de 15 années de recherches a mis en évidence des erreurs statistiques et conceptuelles courantes dans ce domaine. Les questions-réponses avec Kevin Mitchell sur la théorie de l’autisme et du microbiome offrent un éclairage pertinent sur ces controverses.
L’augmentation de la prévalence de l’autisme, observée depuis plusieurs décennies, continue de faire l’objet d’une analyse approfondie. Une fiche d’information sur la prévalence de l’autisme est disponible pour approfondir ce sujet.
Par ailleurs, certains experts plaident pour une approche transdiagnostique du neurodéveloppement, afin de dépasser les cloisonnements entre les différentes conditions et de mieux comprendre les liens qui les unissent. L’importance d’un cadre transdiagnostique pour accélérer l’étude du neurodéveloppement est soulignée par Kelsie Boulton et Adam Guastella.
Le cas du neurologue Richard Frye, qui mène des recherches sur la leucovorine comme traitement potentiel de l’autisme, suscite également l’attention. Une enquête exclusive sur le travail de Richard Frye révèle que ses essais cliniques ont été suspendus par les autorités de régulation et que les résultats de ses recherches n’ont pas encore été publiés.
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