Après plus de trente ans de carrière, le groupe britannique Saint Etienne tire sa révérence avec International, un album festif et riche en collaborations qui célèbre son héritage pop. Bien qu’aucun arrêt définitif n’ait été annoncé, cet album marque un point final pour le trio, invitant amis et figures emblématiques à un dernier rendez-vous musical.
International se distingue par une liste impressionnante de participants, allant de Vince Clarke et Nick Heyward à Erol Alkan et Confidence Man. L’album est également ponctué d’interludes parlés interprétés par Debsey Wykes, chanteuse de longue date de Saint Etienne, l’actrice Caroline Catz, et les animateurs Colin Murray et Katie Puckrik, évoquant des bulletins d’information, des annonces de continuité et des publicités parodiques dans diverses langues – un clin d’œil aux samples de dialogues présents sur leurs premiers albums.
Le producteur Tim Powell, fort de son expérience avec des groupes comme Sugababes, Girls Aloud et Pet Shop Boys, a orchestré l’ensemble avec une aisance remarquable. Saint Etienne, bien que n’ayant pas atteint la même renommée commerciale que Pet Shop Boys, s’est taillé une place unique en tant que groupe pop de renaissance, capable de composer aussi bien des bandes originales de films, comme pour leur projet Finisterre en 2002, que de conquérir les dancefloors indie des années 1990. Paul Hartnoll d’Orbital et Tom Rowlands des Chemical Brothers contribuent également à International, témoignant de leurs racines électro.
Le groupe semble déterminé à quitter la scène avec un éclat pop retentissant. L’album contraste avec The Night, sorti l’année dernière, mais les deux ont été conçus simultanément comme les deux faces d’un même univers sonore. Si The Night était une exploration expérimentale, International marque un retour à la mélodie. L’ouverture, « Glad », co-écrite et produite avec Tom Rowlands et avec la participation du guitariste de Doves, Jez Williams, évoque les premiers succès indie pop du groupe. Sarah Cracknell y chante avec une tonalité à la fois douce et mélancolique : « Don’t it make you glad when the sun shines on your eyes » (« N’est-ce pas merveilleux quand le soleil brille dans vos yeux »).
Tim Powell signe également « Dancing Heart », un morceau disco élégant aux accents de harpe synthétisée, tandis que le DJ et producteur Erol Alkan apporte une touche de sophistication à « Sweet Melodies », transportant Sarah Cracknell dans un paradis musical à travers Paris, Londres et New York.
L’album explore une palette d’émotions, allant de la mélancolie de « Fade » à l’affirmation énergique de « Why Are You Calling », en passant par le funk électro élastique de « Save It For A Rainy Day », une collaboration avec Flash Cassette de Bradford. Nick Heyward, de Haircut 100, apporte une douceur et une positivité à son duo sur « The Go Betweens », tandis que Vince Clarke co-écrit « Two Lovers », une ballade discrète sur une liaison clandestine. On pourrait facilement imaginer une interprétation disco d’Erasure, mais Cracknell adopte une approche plus lente, observant la scène avec empathie.
« Brand New Me » se distingue particulièrement, avec un refrain pop irrésistible porté par Grace Stephenson, alias Janet Planet de Confidence Man. Elle exprime l’enthousiasme d’un nouveau départ : « Make way for a brand new me » (« Laissez la place à une nouvelle moi »), tandis que Cracknell savoure son propre renouveau sur des samples de cordes et des cuivres inspirés de Bacharach.
L’album se conclut avec « The Last Time », un morceau synthétique et scintillant ponctué de références à la culture populaire, aux réseaux sociaux, à Adam Ant et à Frantic Five, ainsi que d’une touche d’autobiographie. Colin Murray y livre un compte à rebours final, un au revoir vibrant et affectueux. Saint Etienne tire ainsi sa révérence sur une note de succès et d’affection.