Publié le 8 octobre 2025 à 09h52. Le chef du parti travailliste, Keir Starmer, envisage de renforcer les pouvoirs de la police pour encadrer les manifestations, notamment en ciblant les slogans jugés incitant à la haine, suite à une recrudescence de tensions liées au conflit israélo-palestinien et à une attaque terroriste à Manchester.
- Keir Starmer demande au ministre de l’Intérieur d’examiner de nouvelles restrictions sur les manifestations, y compris la possibilité de sanctionner certains chants.
- Les nouvelles mesures pourraient permettre à la police de tenir compte de l’impact cumulatif des manifestations répétées sur un même lieu.
- Cette annonce intervient après une attaque contre une synagogue à Manchester et suscite des inquiétudes quant à la liberté d’expression.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a annoncé son intention de durcir la législation encadrant les manifestations, en réponse à une série de rassemblements pro-palestiniens qui ont suscité des controverses. Cette décision fait suite à une attaque terroriste survenue à Manchester, ciblant une synagogue, et à une escalade des tensions autour de slogans jugés antisémites lors de ces manifestations.
Starmer a demandé à la ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, d’étudier de nouvelles mesures permettant à la police de réprimer plus efficacement les chants et les comportements incitant à la haine. Ces mesures pourraient aller au-delà des propositions initiales de Mahmood, qui visaient déjà à prendre en compte l’« impact cumulatif » des manifestations répétées sur certains sites. L’objectif est de donner aux forces de l’ordre les moyens de prévenir les troubles et de garantir la sécurité publique.
Cette annonce a immédiatement suscité des réactions de la part des défenseurs des libertés civiles, qui craignent que ces restrictions ne portent atteinte au droit fondamental de manifester. Ils dénoncent une potentielle atteinte à la liberté d’expression et s’inquiètent d’une interprétation trop large des motifs d’interdiction.
Selon les informations du ministère de l’Intérieur, la police pourrait se voir accorder de nouveaux pouvoirs pour empêcher les manifestations qui se déroulent de manière répétée sur le même lieu et qui provoquent des perturbations continues. Les organisateurs pourraient être tenus de modifier leur itinéraire, de limiter le nombre de participants ou de fixer des horaires précis. Ces changements pourraient être mis en œuvre en modifiant les articles 12 et 14 de la loi sur l’ordre public de 1986, qui prévoient des sanctions allant jusqu’à six mois de prison et une amende illimitée pour toute personne enfreignant les conditions fixées par la police.
Starmer a également souligné la nécessité d’une action plus ferme contre les slogans jugés antisémites, tels que « mondialiser l’Intifada ». Il a déclaré :
« J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’examiner plus largement quels autres pouvoirs sont disponibles, comment ils sont utilisés et s’ils devraient être modifiés d’une manière ou d’une autre. Je pense que nous devons aller plus loin que cela en ce qui concerne certains des chants qui ont lieu lors de certaines de ces manifestations. »
La ministre Mahmood avait déjà appelé les organisateurs à renoncer aux manifestations prévues à la suite de l’attaque de la synagogue de Manchester et celles coïncidant avec le 7 octobre, date anniversaire de l’attaque du Hamas contre Israël qui avait fait plus de 1 000 morts. Elle avait qualifié la poursuite de ces manifestations de «fondamentalement non britannique » et « déshonorante ».
Les tensions sont exacerbées par les arrestations massives de manifestants soutenant le groupe Palestine Action, souvent pour avoir brandi des pancartes. Le vice-Premier ministre, David Lammy, a été hué lors d’une veillée commémorative à Manchester suite à l’attaque de la synagogue.
Dans un article publié le 8 octobre dans le Times, à l’occasion de l’anniversaire du 7 octobre, Starmer a réaffirmé son engagement à lutter contre l’antisémitisme dans toutes ses formes, notamment au sein des universités et du système de santé publique (NHS).
« Nous continuerons à financer la sécurité des écoles et synagogues juives et prendrons toutes les mesures possibles pour résister à cette haine partout où elle se manifeste »
Le groupe de pression Defend Our Juries a annoncé son intention d’intensifier les manifestations en soutien à Palestine Action pendant dix jours en novembre, dénonçant une « atteinte extraordinaire » à la démocratie. Près de 500 personnes ont déjà été arrêtées à Londres pour avoir manifesté leur soutien au groupe interdit.
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