Le Vogue de Vancouver a vibré sous les pulsations électroniques et les rythmes krautrock de Stereolab, le groupe britannique ayant fait son grand retour sur scène après une longue pause. La soirée, marquée par la sortie de leur premier album en plus de 15 ans, Instant Holograms on Metal Film, a transformé une froide soirée d’automne en une expérience psychédélique et collective.
L’attente était palpable dès l’ouverture des portes, une longue file de fans serpentant dans les couloirs du lieu, impatients de se plonger dans l’univers sonore unique du groupe. À l’intérieur, l’ambiance était déjà électrique, les spectateurs se regroupant autour du stand de merchandising multicolore et profitant des bières artisanales locales.
Le groupe Bitchin Bajas a ouvert le bal avec un set hypnotique, transformant des mélodies simples en symphonies complexes par la répétition et la réinvention. Leur performance a préparé le terrain pour l’arrivée très attendue de Stereolab.
Lorsque les lumières se sont éteintes et que les premières notes d’« Aerial Troubles », le titre phare de leur nouvel album, ont retenti, une vague d’enthousiasme a déferlé sur la foule. Lætitia Sadier, figure emblématique du groupe, a immédiatement captivé le public par son énergie communicative et sa présence scénique décontractée.
Si le public vancouverois a mis un peu de temps à se lâcher, habitué à une certaine discrétion, l’appel de Sadier à l’expression collective a fait mouche : « Vous pouvez vous exprimer, nous sommes tous ensemble ici, n’est-ce pas ? » Dès lors, l’énergie dans la salle a radicalement changé, et les spectateurs ont commencé à se laisser emporter par la musique.
Le groupe a enchaîné avec des classiques tels que « Motoroller Scalatron » (issu de l’album Emperor Tomato Ketchup, 1996) et « The Flower Called Nowhere » (de Dots and Loops, 1997), déclenchant des réactions enthousiastes dans l’assistance. La performance de « Vermona F Transistor », également tirée de leur dernier album, a été particulièrement appréciée pour ses passages synthétiques planants et les harmonies vocales de Julien Gasc (basse) et Joseph Watson (claviers).
Au-delà de la musique, le concert de Stereolab s’est révélé être une véritable performance politique. Les paroles de Sadier, imprégnées d’idéologie marxiste, de réflexions spirituelles et de critiques envers la religion, ont résonné avec un public attentif. Une spectatrice a même crié « Les frontières ne devraient pas exister ! » lors de l’interprétation de « Capitalism Is a Wound », illustrant la force du message véhiculé par le groupe.
Sadier a également démontré son talent en jouant du trombone, ajoutant une dimension supplémentaire à la performance. La musique, à la fois joyeuse et engagée, a créé une atmosphère unique, où les frontières entre le public, les musiciens et la musique elle-même se sont estompées.
Le concert a atteint son apogée avec des titres énergiques tels que « Electrified Teenybop ! » et « Cybele’s Reverie », avant de se conclure sur l’entêtant « Immortal Hands ». La chimie entre les membres du groupe, même sans échanges visuels constants, était palpable, et l’éclairage spectaculaire a contribué à créer une expérience immersive.
Après un bref rappel, Stereolab a quitté la scène sur les applaudissements d’un public conquis, laissant derrière lui la sensation d’avoir assisté à un événement hors du commun, comme une rencontre avec des êtres venus d’une autre planète pour partager une vision plus belle et plus significative de la vie.
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