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Technologie et science

Batteries pour chauffe-eau : l’Université de technologie de Sydney repense sa consommation d’énergie

Selon des chercheurs de l'université de technologie de Sydney, l'eau chaude sanitaire représente jusqu'à 25 % de la consommation énergétique d'un foyer australien et constitue un…

Selon des chercheurs de l’université de technologie de Sydney, l’eau chaude sanitaire représente jusqu’à 25 % de la consommation énergétique d’un foyer australien et constitue un gisement de flexibilité comparable à des millions de batteries. Pilotés intelligemment, les chauffe-eau thermodynamiques et électriques peuvent réduire drastiquement les factures d’électricité.

La facture d’électricité pèse lourd dans le budget des ménages, mais une solution souvent oubliée réside dans la gestion de l’eau chaude sanitaire. Un argument développé par trois chercheurs de l’université de technologie de Sydney s’appuie sur le déploiement massif de batteries résidentielles en Australie pour repenser l’utilisation de nos ballons d’eau chaude. L’eau chaude représente une part considérable de la consommation d’un logement, et surtout, cette consommation est déplaçable dans le temps.

Le précédent des batteries résidentielles en Australie

Le point de départ de cette réflexion s’appuie sur des faits mesurables observés en Australie. Plus de 450 000 batteries domestiques ont été installées dans le pays au cours des dix-huit mois précédant juin, selon les données rapportées. Cet équipement a permis de se passer de l’équivalent de deux grandes centrales à gaz lors du pic de consommation du soir, moment où les prix de l’énergie atteignent leur maximum.

Les auteurs estiment que cette transition rapide a contribué à contenir les craintes d’une flambée des prix de l’électricité liée au conflit iranien, en réduisant la dépendance au gaz. Ce succès démontre la capacité des consommateurs à répondre rapidement lorsque les subventions publiques rendent l’équation économique favorable.

Pourquoi l’eau chaude représente un gisement énergétique colossal

Dans un foyer australien moyen, le chauffage de l’eau absorbe environ 25 % de l’énergie totale et constitue le premier poste d’émissions de gaz à effet de serre en raison de l’utilisation fréquente du gaz. Chaque résident consomme environ 50 litres d’eau chaude par jour. Pour une famille de quatre personnes utilisant un cumulus électrique classique, cela représente environ 13 kilowattheures quotidiens, soit l’équivalent de la capacité de stockage de certaines batteries domestiques.

Les chercheurs estiment ainsi que des systèmes électriques performants offriraient une capacité de stockage équivalente à deux millions de batteries résidentielles, ce qui permettrait de dégager plusieurs milliards d’économies sur les factures. Les disparités financières restent d’ailleurs notables : un foyer équipé de panneaux solaires et d’un chauffe-eau électrique peut ne rien payer pour son eau chaude, tandis que 40 % des logements australiens recourent encore au gaz pour cet usage, avec une facture annuelle dépassant parfois mille dollars australiens.

Le rôle clé des pompes à chaleur et du pilotage intelligent

Deux évolutions techniques majeures rendent cette approche crédible. D’une part, les chauffe-eau thermodynamiques prélèvent la chaleur de l’air ambiant et réduisent nettement la consommation d’énergie, permettant d’atteindre jusqu’à 72 % de coûts de fonctionnement en moins selon les auteurs, y compris par des températures basses.

D’autre part, le pilotage constitue le second levier. Grâce à une horloge, un compteur communicant ou un autre dispositif de commande, ces équipements peuvent être programmés pour fonctionner en journée, lorsque la production d’origine solaire abonde. Le ballon d’eau chaude se transforme ainsi en un moyen de stockage d’énergie simple et économique.

Dans certains États australiens, un dispositif entré en vigueur le 1er juillet prévoit même des plages horaires d’électricité gratuite. Associé à un chauffe-eau piloté, ce système permet aux locataires et aux résidents d’appartements sans panneaux solaires de diminuer sensiblement leur facture.

Quatre mesures proposées par les chercheurs pour les pouvoirs publics

Pour généraliser ces gains, les chercheurs formulent des recommandations concrètes inspirées des aides ayant accompagné le secteur du solaire et des batteries :

  • Étendre à l’ensemble des États les aides existantes pour les chauffe-eau thermodynamiques, actuellement limitées à deux d’entre eux, tout en les ouvrant à d’autres appareils électriques pilotables accompagnés d’une campagne d’information.
  • Mettre en place un dispositif de mise à niveau des chauffe-eau électriques existants par l’ajout d’horloges ou le raccordement aux compteurs communicants, afin de les rendre aptes à réagir aux signaux de prix du réseau.
  • Réglementer l’installation en imposant des dispositifs de pilotage sur tout appareil neuf et en relevant les exigences minimales de performance énergétique.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.