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Sucre et sel au quotidien : conseils pour une alimentation saine

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une journée type, rythmée par des contraintes de temps, peut facilement conduire à des choix alimentaires déséquilibrés en sel et en sucre. Les experts pointent du doigt la responsabilité de l’industrie agroalimentaire dans l’orientation de nos habitudes.

  • La consommation moyenne de sucre en Allemagne dépasse largement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
  • L’industrie agroalimentaire cible particulièrement les enfants et les jeunes adultes avec des campagnes marketing pour les produits sucrés et salés.
  • Cuisiner soi-même et lire attentivement les étiquettes des produits sont des moyens efficaces de limiter son apport en sucre et en sel.

Entre un yaourt aux fruits au petit-déjeuner, une barre de céréales en collation, un sandwich de la boulangerie à midi et une pizza surgelée le soir, il est facile de succomber à la facilité et de voir son alimentation se dégrader. Le manque de temps est souvent invoqué, mais les conséquences sur la santé sont réelles : un apport excessif en sel et en sucre. Selon Anja Schwengel-Exner, du Centre bavarois des consommateurs, il est essentiel de ne pas se blâmer seul face à ces journées chargées.

« Quiconque s’énerve contre lui-même lors de journées comme celle-ci devrait également se tourner vers l’industrie alimentaire pour qu’elle prenne ses responsabilités », explique-t-elle. Les fabricants influencent directement nos choix en décidant de la composition de leurs produits et en menant des campagnes publicitaires agressives. Les études montrent que ces dernières ciblent en particulier les jeunes générations, plus susceptibles d’être influencées.

« Ces personnes peuvent toujours être influencées et vous pouvez influencer leurs goûts. »

Anja Schwengel-Exner, du Centre bavarois des consommateurs

Cette propension à aimer le sucré est enracinée dès le plus jeune âge. Comme le souligne un consultant en alimentation et nutrition, « La première chose avec laquelle nous, les humains, entrons en contact est le liquide amniotique de l’utérus et le lait maternel. Les deux sont sucrés ». L’industrie agroalimentaire exploite cette préférence naturelle.

Pourtant, une consommation excessive de sucre est loin d’être anodine. Elle augmente les risques d’obésité, de caries dentaires, de problèmes cardiaques et circulatoires. L’OMS recommande aux adultes de ne pas dépasser 50 grammes de sucre ajouté par jour, et idéalement de viser 25 grammes. Pour donner une idée, cela équivaut à 400 millilitres de thé glacé ou 50 grammes de chocolat. Or, en Allemagne, la consommation moyenne avoisine les 100 grammes par jour, soit le double des recommandations. Le problème, selon Anja Schwengel-Exner, est qu’il n’existe pas de mécanisme physiologique qui signale à notre corps qu’il en a assez.

Pour éviter les pièges du sucre, l’expert en nutrition préconise de cuisiner davantage soi-même, afin de maîtriser la quantité de sucre ajoutée aux aliments. En magasin, il est crucial de lire attentivement la liste des ingrédients. « Tout ce qui se termine par -ose est lié au sucre », précise Anja Schwengel-Exner. Glucose, fructose, saccharose, dextrose ou maltose ne sont que différentes formes de sucre. Même les édulcorants considérés comme « naturels », tels que le sirop de maïs, le sirop d’agave, le sirop d’érable ou le concentré de fruits, restent du sucre et ne sont pas plus sains que le sucre de table.

Les édulcorants comme la stévia peuvent sembler une alternative intéressante, mais Anja Schwengel-Exner tempère cet enthousiasme. Bien qu’ils contiennent moins de calories, ils peuvent avoir un effet laxatif et ne permettent pas de se défaire de la dépendance au goût sucré. La meilleure solution à long terme consiste à réduire progressivement sa consommation de sucre, par exemple en diluant les sodas avec de l’eau. Il est également possible de tromper son corps en optant pour des alternatives amères, comme des noix, de la chicorée ou des fruits acidulés. Le corps s’adapte rapidement au goût amer, même s’il avait initialement envie de sucre.

Le sel est tout aussi préoccupant. Une consommation excessive augmente le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et de lésions rénales. L’OMS recommande une consommation maximale de cinq à six grammes de sel par jour (5 000 à 6 000 mg). Cette quantité est facilement atteinte, et le sel se cache souvent dans des aliments qui ne semblent pas salés. 100 grammes de pain peuvent contenir jusqu’à deux grammes de sel. « Si vous mangez 300 grammes de pain, j’ai déjà couvert mes besoins en sel », illustre Anja Schwengel-Exner. Il est donc important de consulter les tableaux nutritionnels sur les emballages pour connaître la teneur en sel des produits.

Comme pour le sucre, la meilleure solution reste de cuisiner soi-même, afin de contrôler la quantité de sel utilisée. « Il existe de nombreuses façons de préparer un plat savoureux sans une énorme cuillerée de sel », assure Schwengel-Exner, « par exemple avec des épices, des herbes, du citron ou du vinaigre ». Être attentif à son apport en sucre et en sel est une première étape essentielle. Même les experts en nutrition ne sont pas toujours irréprochables : « Quand on me propose un cookie, je le prends toujours », confie Anja Schwengel-Exner.

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