Le wali de la région Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a remis officiellement les clés de 2 600 nouveaux logements sociaux à des familles précédemment installées dans des bidonvilles, marquant une étape majeure dans le plan de relogement massif lancé par les autorités. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un programme visant à éradiquer les bidonvilles de la capitale économique du Maroc d’ici 2027, avec un objectif national de reloger 120 000 familles d’ici 2028.
Accélération des relogements et défis persistants dans les bidonvilles de Casablanca
Depuis le début de l’année 2026, les autorités marocaines ont intensifié leurs efforts pour reloger les habitants des bidonvilles de Casablanca. Selon les données officielles, plus de 2 600 familles ont déjà reçu leurs nouveaux logements, principalement dans le cadre de projets comme celui de l’Avenue Royale, où près de 7 000 appartements sociaux sont en cours de construction ou de distribution. Le secrétaire d’État chargé de l’Habitat, Adib Benbrahim, a confirmé lors d’une intervention à la Chambre des Conseillers, le 2 juin dernier, que plus de 18 000 dossiers étaient traités chaque année pour répondre à cette crise du logement.
Cependant, malgré ces progrès, des milliers de familles restent en attente. À Sidi Moumen, par exemple, plus de 300 familles ont été relogées après la démolition du bidonville Douar Draou en avril 2026, mais des quartiers entiers, comme ceux concernés par le projet de l’Avenue Royale, voient encore leurs habitants déplacés sans solution de relogement immédiate. Les autorités locales assurent que les démolitions se poursuivent, avec pour objectif de raser 63 000 logements insalubres d’ici la fin de l’année, mais les inquiétudes persistent quant aux délais et à la qualité des logements proposés.
Critiques sur les conditions de relogement et les retards administratifs
Le Maroc a fixé un objectif clair : reloger 120 000 familles d’ici 2028, dans le cadre d’une stratégie nationale de lutte contre les bidonvilles. Ce plan, présenté par le secrétaire d’État Adib Benbrahim, repose sur le traitement de plus de 18 000 dossiers par an. À Casablanca, cette dynamique se traduit par des opérations massives, comme la remise de clés à Hay Hassani ou le lancement du relogement pour les ménages affectés par les travaux de l’Avenue Royale.
Pourtant, sur le terrain, les retards se font sentir. Les démolitions, souvent brutales, laissent des familles sans abri pendant des mois, tandis que les nouveaux logements peinent parfois à répondre aux besoins réels. Certains bénéficiaires se plaignent de logements trop petits ou mal situés, loin de leur lieu de travail ou des écoles. Les associations locales alertent également sur le manque de transparence dans le choix des familles éligibles et sur les conditions d’indemnisation, qui restent floues pour beaucoup.
Perspectives d’expansion des logements sociaux et appels à une meilleure coordination
Quels sont les prochaines étapes pour les familles encore en attente ?
D’ici la fin de l’année, les autorités prévoient de poursuivre les démolitions et la distribution de logements, avec un accent particulier sur les zones les plus critiques. Le wali de Casablanca-Settat, Mohamed Mhidia, a annoncé que les travaux se concentreraient sur les quartiers prioritaires, comme Sidi Moumen ou Nassim, où les opérations de relogement sont déjà en cours. Parallèlement, un appel à promoteurs a été lancé pour construire près de 7 000 nouveaux appartements sociaux, afin de répondre à la demande croissante.
Cependant, les associations de défense des droits des habitants appellent à une accélération des délais et à une meilleure coordination entre les différentes administrations. Elles soulignent aussi la nécessité d’un accompagnement social pour faciliter l’intégration des familles relogées dans les nouveaux quartiers.
Enjeux urbains et sociaux derrière la transformation de Casablanca
Pourquoi ce relogement massif est-il une priorité pour Casablanca ?
Le relogement des familles des bidonvilles s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser Casablanca et d’améliorer les conditions de vie de ses habitants. Le projet de l’Avenue Royale, qui doit relier le centre-ville à la mosquée Hassan II, symbolise cette ambition de transformation urbaine. En éradiquant les bidonvilles, les autorités espèrent aussi réduire les risques sanitaires et sécuritaires liés à ces quartiers informels.
Mais derrière les chiffres et les discours officiels, la réalité reste complexe. Pour des milliers de familles, le relogement est synonyme d’incertitude et de précarité prolongée. La question n’est pas seulement de construire des logements, mais aussi de garantir que ces derniers soient accessibles, adaptés et accompagnés d’un soutien social durable.
Alors que les démolitions se multiplient et que les clés des nouveaux logements sont distribuées, la situation des familles encore en attente reste un sujet de préoccupation majeur. Si le Maroc avance à grands pas vers ses objectifs de relogement, les retards locaux et les lacunes dans l’accompagnement social risquent de compromettre la réussite de ce programme ambitieux. La prochaine étape sera cruciale : non seulement construire des logements, mais aussi s’assurer que chaque famille y trouve une solution durable et digne.
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