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Suisse : voici comment la population utilisera l’IA en 2024

L'intelligence artificielle générative s'est imposée en Suisse, avec une adoption record, mais suscite également des inquiétudes croissantes quant à son impact potentiel sur l'avenir. Une nouvelle étude révèle que si l'utilisation des chatbots comme ChatGPT est en plein…

Suisse : voici comment la population utilisera l’IA en 2024

L’intelligence artificielle générative s’est imposée en Suisse, avec une adoption record, mais suscite également des inquiétudes croissantes quant à son impact potentiel sur l’avenir. Une nouvelle étude révèle que si l’utilisation des chatbots comme ChatGPT est en plein essor, près d’un Suisse sur trois craint même une menace existentielle pour l’humanité.

Selon les données publiées jeudi par l’Université de Zurich, 73 % des Suisses ont déjà expérimenté au moins une fois l’IA générative. Ce chiffre place la Suisse en tête de l’utilisation de ces technologies au niveau international. Près de la moitié des habitants du pays (45 %) s’attendent à l’émergence d’une « superintelligence » surpassant l’humain dans tous les domaines, et 59 % d’entre eux estiment que cela pourrait se produire d’ici cinq ans.

L’étude, qui s’inscrit dans le cadre du Projet Internet mondial (WIP) mené dans 30 pays, met en évidence un fossé générationnel important. Si 84 % des jeunes de 14 à 19 ans utilisent régulièrement l’IA générative, ce chiffre tombe à seulement 14 % chez les plus de 70 ans. « Nous constatons que l’IA générative a encore creusé le fossé numérique entre les générations », explique Michael Latzer, directeur de l’étude et professeur de changement et d’innovation médiatique à l’Université de Zurich.

L’écart d’utilisation entre les hommes et les femmes s’est considérablement réduit, passant de 20 % en 2023 à 3 % en 2025. L’IA est principalement utilisée pour accroître l’efficacité dans les études et le travail, et près de la moitié des Suisses estiment qu’elle leur permet d’accomplir leurs tâches plus rapidement. Cependant, environ 30 % des utilisateurs réguliers admettent l’utiliser pour des tâches qu’ils devraient effectuer eux-mêmes.

Les inquiétudes concernant les risques potentiels de l’IA sont bien réelles. Un Suisse sur trois exprime la crainte que la perte de contrôle sur l’IA puisse mener à la fin de l’humanité, ce qui se traduit par un appel à une réglementation plus stricte de ces technologies pour la moitié de la population.

« Ces résultats montrent que la population suisse a largement adopté le discours des entrepreneurs de la Big Tech comme Elon Musk et Sam Altman », souligne M. Latzer. « Ces personnalités diffusent une vision transhumaniste d’une superintelligence qui, d’une part, pourrait résoudre tous nos problèmes, mais serait également existentiellement dangereuse. La science évalue les deux de manière beaucoup plus nuancée. »

Malgré ces appréhensions, un certain scepticisme demeure. Les Suisses continuent de privilégier les sources d’information traditionnelles, telles que les sites web gouvernementaux, les chaînes publiques et la presse écrite, par rapport à l’IA générative. Seuls 13 % des internautes considèrent l’IA comme une source fiable pour prendre des décisions concernant leur santé, et seulement 7 % pour les questions politiques.

L’étude aborde également l’émergence des technologies cyborg, visant à fusionner l’humain et la machine. Si trois Suisses sur dix connaissent ces technologies, leur utilisation reste marginale. Cependant, l’étude note que l’utilisation régulière de l’IA semble rendre les gens plus ouverts à ces perspectives, avec environ 25 % estimant qu’elles pourraient améliorer la qualité de vie.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.