Publié le 19 novembre 2025 11h08. Une érosion inquiétante des valeurs morales et politiques traverse les démocraties occidentales, se manifestant par une normalisation de discours extrémistes et un refus de condamner les dérives de chaque camp.
- Des groupes néo-nazis, des colons radicaux israéliens et le Hamas partagent une volonté de purification ethnique et idéologique.
- Cette polarisation est alimentée par une absence de condamnation ferme des extrêmes au sein des partis politiques traditionnels.
- L’inaction face à ces dérives menace les fondements de l’ordre libéral et humaniste d’après-guerre.
Une vague de complaisance face à l’extrémisme semble déferler sur la scène politique, touchant aussi bien la droite que la gauche. Des exemples concrets, aux États-Unis comme en Israël et dans les territoires palestiniens, illustrent cette tendance alarmante à excuser ou à normaliser des comportements autrefois considérés comme inacceptables. Cette érosion des principes fondamentaux, selon l’auteur, est plus dangereuse qu’une crise sanitaire, car elle mine les liens sociaux et la confiance dans les institutions.
L’auteur souligne un point commun troublant entre des groupes apparemment opposés : une volonté de créer une société homogène, débarrassée de ceux qu’ils considèrent comme des éléments indésirables. Les néo-nazis américains rêvent d’une Amérique blanche et chrétienne, les colons israéliens radicaux d’un État juif « pur », et le Hamas d’une Palestine islamique sans présence juive. Ces objectifs, bien que différents dans leur formulation, convergent vers une exclusion radicale de l’autre.
Ce qui frappe également, c’est la perte de honte et la transparence avec laquelle ces groupes affichent leurs idées. Leur propagande circule ouvertement sur internet et les réseaux sociaux, sans chercher à la dissimuler. Cette audace est d’autant plus préoccupante qu’elle est encouragée, voire justifiée, par certains membres de leurs communautés respectives.
L’auteur dénonce la manière dont ces groupes se nourrissent mutuellement, utilisant les actions les plus condamnables de l’autre pour légitimer leurs propres dérives. Les néo-nazis américains exploitent la violence des colons israéliens en Cisjordanie pour alimenter leur antisémitisme, tandis que les colons radicaux justifient leurs attaques contre les Palestiniens en invoquant la brutalité du Hamas. Ce dernier, de son côté, utilise les actions israéliennes, notamment les tensions autour de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, pour justifier ses attentats contre les civils israéliens, comme celui du 7 octobre.
L’auteur critique particulièrement le silence ou l’acquiescement de certains responsables politiques face à ces extrémismes. Il pointe du doigt l’inaction du Parti républicain face à la montée du néo-nazisme, la complaisance de la gauche progressiste envers le Hamas, et le manque de fermeté des autorités israéliennes face aux colons radicaux. Il estime que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et ses alliés, notamment le lobby pro-israélien AIPAC, ont contribué à saper la sécurité d’Israël en encourageant l’annexion de la Cisjordanie et en affaiblissant les institutions démocratiques.
Il cite également l’exemple de la déclaration signée par plus de 30 groupes étudiants pro-palestiniens de l’université Harvard, qui imputaient l’entière responsabilité de la violence aux « forces israéliennes » quelques heures seulement après le massacre du 7 octobre, avant même le début de l’offensive israélienne à Gaza. L’auteur y voit une preuve de l’aveuglement idéologique qui pousse certains à justifier l’injustifiable.
L’auteur conclut en invoquant la mémoire du pasteur luthérien Dietrich Bonhoeffer, exécuté par les nazis pour son opposition au régime. Il cite Bonhoeffer :
« Le silence face au mal est en soi mauvais. Dieu ne nous exemptera pas de la culpabilité. Ne pas parler, c’est parler. Ne pas agir, c’est agir. »
Dietrich Bonhöffer, théologien luthérien
Il appelle à une prise de conscience collective et à une condamnation ferme de toutes les formes d’extrémisme, avant qu’il ne soit trop tard.
Il dénonce enfin l’attitude de personnalités comme Donald Trump et JD Vance, qui minimisent les propos haineux de leurs partisans. Il rappelle que le silence et la complaisance face à l’extrémisme sont aussi dangereux que l’extrémisme lui-même.
© The New York Times 2025.
