Publié le 30 décembre 2025 à 23h28. L’Iran est le théâtre de protestations croissantes, d’abord menées par les commerçants face à la flambée des prix, puis par les étudiants qui dénoncent la crise économique et l’effondrement de la monnaie nationale.
- Des manifestations étudiantes ont éclaté dans au moins dix universités à travers le pays, notamment à Téhéran.
- Le président iranien Massoud Peseschkian a appelé à un « dialogue » avec les manifestants et a promis de prendre des mesures pour lutter contre la crise économique.
- La valeur du rial iranien a atteint un niveau historiquement bas, exacerbant l’hyperinflation et l’incertitude économique.
Les protestations en Iran s’intensifient, reflétant une profonde inquiétude face à la détérioration de la situation économique. Après le mouvement de contestation des commerçants, qui ont fermé leurs magasins pour dénoncer la hausse des prix des importations, la résistance s’étend désormais aux campus universitaires.
Des manifestations ont eu lieu dans sept universités de Téhéran, parmi les plus prestigieuses du pays, ainsi que dans les villes d’Ispahan, de Jasd et de Sanjan, selon l’agence de presse Ilna et l’agence de presse officielle Irna. Les forces de sécurité et la police ont été déployées aux principaux carrefours de la capitale et aux abords de certaines universités.
Le mouvement de protestation avait débuté dimanche dans le plus grand marché de téléphonie mobile de Téhéran, avant de s’étendre. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et manifesté dans le centre de la capitale. Bien que les manifestations se soient largement limitées au centre-ville et que le nombre de participants soit resté modéré, elles témoignent d’un mécontentement croissant. La plupart des magasins situés en dehors du centre sont restés ouverts.
La monnaie en chute libre
Le président iranien Massoud Peseschkian a rencontré des représentants syndicaux et a promis de prendre des mesures pour faire face à la crise économique. Il a déclaré sur le réseau social X (anciennement Twitter) avoir demandé au ministère de l’Intérieur d’engager un dialogue avec les représentants des manifestants afin de permettre au gouvernement d’agir de manière « responsable » pour résoudre les problèmes.
Selon la télévision d’État, le président du Parlement, Mohammed Bagher Ghalibaf, a également appelé à des « mesures nécessaires pour accroître le pouvoir d’achat de la population ». Il a souligné la nécessité de répondre aux préoccupations de la population par le dialogue, tout en mettant en garde contre les tentatives d’ingérence étrangère et de critiques du gouvernement visant à exploiter les manifestations.
La valeur du rial iranien sur le marché noir a atteint un niveau record. Dimanche, un dollar s’échangeait contre environ 1,42 million de rials (contre 820 000 rials il y a un an), et un euro valait 1,7 million de rials. Mardi, le rial s’est légèrement redressé. Les revendeurs de biens importés, notamment d’électronique, ont temporairement suspendu leurs ventes ou sont passés à la vente en ligne afin de pouvoir ajuster plus rapidement leurs prix, selon l’agence de presse AFP.
Nouvelles sanctions liées au programme nucléaire
L’effondrement continu de la valeur du rial entraîne une hyperinflation et une incertitude économique accrue, en particulier en raison des fluctuations importantes des prix. Cela freine considérablement la vente de produits importés. Le journal Etemad a cité un commerçant anonyme se plaignant du manque de soutien gouvernemental face aux coûts élevés des importations. « Nous avons été contraints de manifester notre protestation », a-t-il déclaré.
Les autorités ont annoncé la fermeture des écoles, des banques et des institutions publiques mercredi à Téhéran et dans d’autres régions, afin de réduire les coûts de chauffage en raison du froid intense, selon les médias d’État. Aucun lien n’a été établi avec les manifestations par les médias d’État.
L’économie iranienne, fragilisée par des décennies de sanctions occidentales, est confrontée à une inflation élevée. Les sanctions de l’ONU liées au programme nucléaire iranien ont été rétablies fin septembre. Le président Peseschkian a récemment promis de prendre des mesures pour lutter contre l’inflation et la cherté de la vie. Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé le remplacement du chef de la Banque centrale iranienne par Abdolnasser Hemmati ce mercredi. Hemmati avait été destitué de son poste de ministre de l’Économie et des Finances par le Parlement en mars, en raison de la forte dépréciation du rial iranien.
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