Home SantéSurveillance active d’un cas d’hantavirus et d’un autre de leptospirose chez deux athlètes de Rosario

Surveillance active d’un cas d’hantavirus et d’un autre de leptospirose chez deux athlètes de Rosario

by Sophie Martin

Rosario, Argentine – Deux athlètes de Rosario ont été hospitalisés en soins intensifs après avoir contracté des maladies infectieuses rares, l’une atteinte de leptospirose et l’autre d’hantavirus, ce qui a conduit les autorités sanitaires à renforcer les mesures de contrôle et de désinfection dans les zones à risque.

  • Deux cas graves de leptospirose et d’hantavirus ont été confirmés chez des athlètes de Rosario.
  • Les autorités sanitaires locales ont lancé une opération de lutte contre les rongeurs et de désinfection des zones côtières et riveraines.
  • Le taux de létalité de l’hantavirus est élevé, mais les deux patients évoluent favorablement.

Les deux patients, un homme et une femme, ont dû être pris en charge en unité de soins intensifs dans un établissement privé de Rosario. Malgré la gravité de leurs pathologies, qui présentent habituellement un taux de mortalité élevé, leur état s’améliore, selon les informations disponibles.

L’un des cas concerne un nageur en eau libre qui a contracté la leptospirose après avoir été exposé à l’eau du fleuve Paraná lors de son entraînement habituel, a confirmé Matías Lahitte, responsable du service d’épidémiologie de la municipalité. Initialement, le test PCR s’était révélé négatif, suggérant une infection virale saisonnière. Cependant, un second test effectué vendredi a confirmé la présence de la leptospirose. Le patient a depuis été transféré en service intermédiaire, son état s’étant stabilisé.

Dans le cas de la femme, une infection par le hantavirus a d’abord été suspectée après un court séjour en Patagonie. Toutefois, les analyses ont finalement révélé qu’elle avait été contaminée dans la zone côtière centrale de Rosario, pendant une séance d’entraînement aérobique, avant son voyage dans le sud du pays.

« La patiente s’est présentée au service des urgences en raison de douleurs musculaires quelques jours après son retour de voyage, puis a commencé à souffrir de fièvre. Étant une athlète de haut niveau, on a d’abord pensé à une pathologie liée à un effort physique intense »,

Source consultée

L’aggravation de ses symptômes a nécessité une admission en soins intensifs et une assistance respiratoire.

Face à la suspicion d’hantavirus, une procédure coordonnée a été mise en place entre le Centre de spécialités médicales ambulatoires Rosario (Cemar), l’Institut national des maladies virales humaines « Dr. Julio I. Maiztegui » et l’Institut national des maladies infectieuses « Carlos Malbrán » afin de confirmer qu’il s’agissait bien de la souche Lechiguana, courante dans la région centrale et transmise par la souris à longue queue.

Selon Matías Lahitte, l’analyse génétique et les tests PCR réalisés au laboratoire Cemar ont confirmé que la patiente avait été contaminée par la souche présente dans la région centrale, malgré une période d’incubation prolongée et des symptômes apparus cinq jours après son retour de Patagonie, où la souche andine est prédominante.

Les autorités sanitaires ont souligné que Santa Fe ne compte actuellement que cinq cas d’hantavirus, mais que la région la plus touchée reste l’Entre Ríos et Buenos Aires. La souche Lechiguana, contrairement à la souche andine, ne se transmet pas d’homme à homme, mais par contact avec l’urine ou les excréments de rongeurs, par inhalation ou contact direct.

Une intervention sur le terrain a été menée par l’équipe Vector de la municipalité afin de détecter la présence de terriers et de rongeurs dans la zone côtière centrale. Des opérations similaires ont déjà été réalisées dans des clubs nautiques par le passé, mais sans résultats probants.

La présence de terriers dans cette zone côtière pourrait être liée aux travaux de construction immobilière, bien qu’aucun rongeur sauvage n’ait été trouvé pour l’instant.

Selon le dernier bulletin épidémiologique national, 23 cas de hantavirus ont été enregistrés dans le pays au cours de la période 2025-2026, dont 9 décès, ce qui représente un taux de létalité de 39 %, supérieur à celui des saisons précédentes (entre 10 % et 32 % entre 2019 et 2024). La région du Centre concentre 70 % des cas, suivie du Sud avec 17 %.

L’incidence est plus élevée dans la région Sud, avec un taux de 0,13 pour 100 000 habitants, contre 0,05 pour l’ensemble du pays. La province d’Entre Ríos présente le taux le plus élevé, avec 0,41.

Les symptômes les plus fréquemment observés chez les patients sont une fièvre supérieure à 38,5 °C (95 %), des douleurs musculaires (71 %), des maux de tête (57 %), des vomissements (52 %) et des douleurs articulaires (48 %).

Le ministère de la Santé a exhorté les autorités locales à renforcer la surveillance épidémiologique, la suspicion clinique, les tests et le traitement rapide des cas présentant des symptômes compatibles, en tenant compte des régions à risque et de la période de l’année.

L’hantavirus est une zoonose causée par un virus du genre Orthohantavirus. La transmission à l’homme se fait principalement par inhalation d’aérosols contaminés par les excréments, l’urine ou la salive de rongeurs sauvages. En Amérique, la forme clinique la plus courante est le syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (HCPS), caractérisé par une fièvre soudaine, un malaise général et des troubles gastro-intestinaux, suivis d’une détresse respiratoire et d’une hypotension.

Recommandations de prévention contre le hantavirus :

  • Contrôle et prévention des rongeurs : Sceller les fissures et les ouvertures, conserver la nourriture dans des contenants hermétiques, éliminer les matériaux où ils peuvent nicher, installer des pièges.
  • Nettoyage sécuritaire des environnements : Aérer les lieux avant d’entrer, ne pas balayer ou aspirer les excréments, pulvériser avec de l’eau chlorée (10 % de chlore), porter des gants et utiliser des sacs poubelles doubles.
  • Prévention dans les activités de plein air : Éviter de camper dans des zones à broussailles, ne pas dormir directement sur le sol, conserver les aliments bien fermés, rester sur les sentiers balisés.
  • Gestion des structures rurales : Aérer et désinfecter avant occupation, maintenir l’ordre et la propreté, porter un masque et des gants lors du nettoyage.

Le ministère de la Santé a souligné que le taux de mortalité élevé (39 %) pourrait être lié à la sous-déclaration des cas bénins, car le système de surveillance tend à identifier principalement les formes graves de la maladie.

La gestion des deux patients dans l’établissement de soins intensifs a été saluée par les autorités sanitaires.

L’état de la femme s’est amélioré et elle a pu être sevrée de la ventilation mécanique au cours des dernières 48 heures, malgré la gravité de son état.

La municipalité a confirmé qu’il s’agit du deuxième cas d’hantavirus enregistré cette année, après le premier cas signalé en août.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.