À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer réunit des personnalités politiques de premier plan lors de l’université d’été du Laboratoire de la République à Sens. L’objectif affiché est de structurer le bloc central pour écarter le Rassemblement national et La France insoumise du pouvoir.
À moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle fixé au 18 avril 2027, la rentrée politique française s’organise autour des craintes d’un duel entre les extrêmes. C’est dans ce contexte que Jean-Michel Blanquer rassemble des adversaires politiques à l’occasion de la troisième édition de l’université d’été de son think tank, Le Laboratoire de la République.
Un casting XXL à Sens pour peser sur l’élection de 2027
L’événement se tient du jeudi 27 au samedi 29 août à Sens, dans l’Yonne, après une édition précédente couronnée de succès à Autun. Le cercle de réflexion fondé par l’ancien ministre en 2021 a réussi à attirer un plateau politique particulièrement fourni, regroupant des ministres, des parlementaires et des candidats déclarés à la magistrature suprême.
Parmi les invités figurent notamment le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, ainsi que Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, Thierry Breton, Hervé Marseille et Clément Beaune. Des figures de la gauche socialiste hostile à La France insoumise font également le déplacement, à l’instar de Bernard Cazeneuve, de la présidente de la région Occitanie Carole Delga, du député Jérôme Guedj et du maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane. L’ancien président François Hollande participe aussi aux débats.
Le projet du bloc central et la stratégie du « ni-ni »
L’initiative de ce rassemblement répond à une inquiétude partagée par de nombreux observateurs et cadres du centre et de la droite : la crainte d’un second tour opposant La France insoumise au Rassemblement national. Jean-Michel Blanquer explicite la finalité de la démarche :

Le but est d’arriver à ce que ni l’extrême droite ni l’extrême gauche ne soient au pouvoir dans un an. Ça ne veut pas dire qu’il y a une excommunication, mais on doit voir aujourd’hui quelles sont les idées possibles pour éviter ce que beaucoup de Français ont envie d’éviter, c’est-à-dire ce duel-là.
Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale
L’ancien ministre de l’Éducation nationale estime qu’il n’est pas indispensable d’avoir une candidature unique du bloc central dès le premier tour, mais plaide pour une limitation à un prétendant du centre-gauche et un autre du centre-droit afin d’éviter l’éviction de leur camp au second tour.
Débats thématiques et confrontations programmées
Au-delà des calculs électoraux, les journées de Sens articulent leurs travaux autour de plusieurs thématiques majeures. Les intervenants abordent notamment l’économie avec le prix Nobel Philippe Aghion, la démographie, l’immigration, l’intégration, l’engagement de la jeunesse, la liberté d’expression en présence de l’écrivain Boualem Sansal, ainsi que le rétablissement des comptes publics.

Plusieurs confrontations programmées structurent le programme, telles que le débat sur l’intégration entre Bruno Retailleau et Jérôme Guedj, ou la question de la laïcité et de la religion entre Valérie Pécresse et Manuel Valls. La question territoriale est également au cœur des échanges pour répondre à ce que l’organisateur qualifie de divorce des territoires
entre la France rurale, les banlieues et les centres-villes.
Le point d’orgue : le débat entre Édouard Philippe et François Hollande
Le temps fort de ce week-end politique est programmé pour la clôture. Un débat opposant l’ancien président François Hollande au candidat à l’Élysée Édouard Philippe est organisé sous intellligence de la perspective « France 2027 : quelle perspective ? », et sera retransmis par la chaîne LCI.