Washington et les dirigeants militaires soudanais semblent de plus en plus distants quant à la résolution du conflit qui ravage le Soudan. Les États-Unis insistent sur la priorité de l’aide humanitaire et d’un règlement négocié, tout en exprimant leur inquiétude face à un possible rapprochement entre Khartoum et Moscou.
- Les États-Unis minimisent le rejet par le général Abdel Fattah Al-Burhan des initiatives du Quartet (États-Unis, Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Royaume-Uni).
- Washington s’inquiète d’un accord potentiel entre la Russie et les forces armées soudanaises pour l’établissement d’une base navale russe sur la côte soudanaise.
- Les États-Unis appellent à une trêve humanitaire de trois mois, proposée par le Quartet, sans conditions préalables.
Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires arabes et africaines, a souligné que l’administration américaine se concentre avant tout sur la crise humanitaire au Soudan, qu’elle considère comme l’une des plus graves au monde. Dans des déclarations rapportées par le journal libanais An-Nahar, il a précisé que Washington était en contact avec toutes les parties prenantes au conflit, y compris le chef du Conseil de souveraineté soudanais, le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, et les Forces de soutien rapide (FSR).
« Il n’y a pas de solution militaire à ce conflit », a affirmé M. Boulos, insistant sur la nécessité d’un règlement négocié qui permette au peuple soudanais de déterminer son propre avenir. Il a également rappelé que le président Donald Trump avait qualifié la situation au Soudan de plus grande crise humanitaire au monde.
L’inquiétude de Washington porte également sur un possible accord entre Khartoum et Moscou. Selon des informations dont disposent les États-Unis, les forces armées soudanaises et la Russie seraient en discussions pour établir une base navale russe sur la côte soudanaise. M. Boulos a averti que la poursuite de ce projet, ou toute autre coopération sécuritaire avec Moscou, entraînerait un isolement accru du Soudan, aggraverait le conflit et déstabiliserait la région.
Le Quartet a présenté une proposition de déclaration pour 2026, qui, selon M. Boulos, constitue une feuille de route complète pour mettre fin aux hostilités. Cette proposition inclut une trêve humanitaire de trois mois, dont les termes ont été longuement discutés avec les deux parties. « Nous espérons que les parties accepteront ce texte », a déclaré M. Boulos, soulignant qu’aucune condition préalable ne devrait être posée pour sa mise en œuvre.
Les États-Unis espèrent que cette trêve permettra un afflux continu d’aide humanitaire, ouvrant la voie à des pourparlers en vue d’un cessez-le-feu permanent et à des arrangements de sécurité. À terme, une phase politique devrait permettre aux Soudanais de définir l’avenir de leur gouvernance par le biais d’un dialogue inclusif et d’une transition civile transparente, avec une planification à long terme pour la reconstruction du pays.
