Publié le 26 octobre 2024. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a franchi une étape importante dans la lutte contre l’obésité en recommandant l’utilisation de médicaments initialement conçus pour le diabète, ouvrant la voie à un accès plus large à ces traitements pour les personnes touchées par cette pandémie mondiale.
- L’OMS recommande pour la première fois d’intégrer les thérapies au peptide de type glucagon-1 (GLP-1), comme le sémaglutide, dans la prise en charge de l’obésité chez l’adulte.
- Ces médicaments seront inclus dans la liste des médicaments essentiels de l’organisation, un signal fort pour encourager les États à améliorer leur accès.
- L’OMS insiste sur la nécessité d’une approche globale, combinant environnements plus sains, dépistage précoce et soins personnalisés.
Cette décision, annoncée lundi, marque un tournant dans la perception de l’obésité, désormais reconnue comme une maladie chronique nécessitant une prise en charge à long terme. Jusqu’à présent, ces médicaments étaient principalement prescrits pour la gestion du diabète de type 2 et, dans certains cas, pour faciliter la perte de poids. L’OMS estime qu’environ un milliard de personnes dans le monde sont concernées par l’obésité.
« Nos nouvelles lignes directrices reconnaissent que l’obésité est une maladie chronique qui peut être traitée grâce à des soins complets tout au long de la vie », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, lors d’une conférence de presse. Il a souligné que, bien que ces thérapies ne soient pas une solution miracle, elles peuvent aider des millions de personnes à surmonter l’obésité et à réduire ses complications.
L’OMS préconise une stratégie à trois volets : la création d’environnements favorables à la santé grâce à des politiques publiques robustes, la protection des personnes à risque par un dépistage et une intervention précoces, et enfin, l’accès à des soins personnalisés et continus pour ceux qui vivent avec l’obésité. Les thérapies GLP-1, qui incluent le sémaglutide, le liraglutide et le dulaglutide, agissent en améliorant le contrôle de la glycémie, en supprimant l’appétit et en favorisant la perte de poids.
L’obésité est une crise sanitaire mondiale, responsable d’environ 3,7 millions de décès en 2024. L’arrivée de ces médicaments représente une avancée significative dans la lutte contre cette maladie, une révolution désormais soutenue par l’OMS. Sans mesures efficaces, le nombre de personnes obèses pourrait doubler d’ici 2030, selon les estimations de l’organisation.
« L’obésité est l’un des défis les plus graves de notre époque », a insisté le directeur général de l’OMS, ajoutant : « Ces nouveaux médicaments sont un outil clinique puissant qui offre un espoir à des millions de personnes. »
Les nouvelles recommandations de l’OMS se basent sur des preuves de « certitude modérée » et concernent l’utilisation à long terme (plus de six mois) des thérapies GLP-1 pour le traitement de l’obésité chez l’adulte, à l’exception des femmes enceintes. Cependant, l’organisation souligne que cette recommandation est conditionnelle en raison du manque de données sur les effets à long terme, la gestion de l’arrêt du traitement, les coûts élevés, la préparation insuffisante des systèmes de santé et les potentielles inégalités d’accès.
Au Portugal, ces thérapies ne sont actuellement remboursées par le Service National de Santé (SNS) que pour les patients diabétiques. Selon les données d’Infarmed, l’agence nationale des médicaments, la classe thérapeutique des antidiabétiques a été la plus coûteuse pour le SNS entre janvier et septembre 2024, avec une charge de 354,6 millions d’euros. L’utilisation détournée de ces médicaments par des personnes souhaitant perdre du poids a déjà entraîné des pénuries pour les patients diabétiques, ce qui a conduit Infarmed à lancer des audits et des inspections approfondies de la chaîne d’approvisionnement de certains médicaments contre le diabète en janvier dernier.
