Un tribunal de Delhi a annulé une audience prévue le 20 juillet 2026 dans l’affaire du meurtre de Shraddha Walkar, afin de permettre à l’accusé, Aaftab Amin Poonawala, de passer ses examens universitaires depuis sa cellule. Le juge Hargurvarinder Singh Jaggi, du tribunal de district de Saket, a accordé cette exemption pour que Poonawala puisse composer son examen final de Master en sociologie de l’Université nationale ouverte Indira Gandhi (IGNOU), prévu entre 14h00 et 17h00 au centre d’examen situé dans la prison centrale n° 03 de Tihar.
Un procès marqué par des lenteurs judiciaires
Le procès de Aaftab Amin Poonawala s’étire depuis plus de trois ans, malgré la gravité des faits. L’enquête a débuté avec l’enregistrement d’une plainte le 10 novembre 2022, mais les charges pour meurtre (section 302) et disparition de preuves (section 201) du Code pénal indien n’ont été formulées que le 9 mai 2023 par la juge Manisha Khurana Kakkar.

Bien que plus de 215 audiences aient eu lieu, la phase de présentation des preuves par l’accusation se poursuit. Le dossier est colossal, le rapport d’accusation comptant plus de 13 000 pages. Les sources indiquent que les contre-interrogatoires constituent l’un des principaux facteurs de retard ; à titre d’exemple, un agent de police a déjà fait l’objet de huit audiences distinctes de contre-interrogatoire, et le processus se poursuit encore.
Une série de concessions accordées à l’accusé
L’annulation de l’audience du 20 juillet s’inscrit dans un schéma où les besoins personnels de l’accusé semblent primer sur la célérité du procès. Selon une enquête de NDTV basée sur les dossiers judiciaires, d’autres reports ont déjà été accordés :
- Une audience a été reportée il y a dix mois pour un rendez-vous dentaire.
- Le tribunal a également accédé à une demande de consultation psychiatrique.
La détresse d’une famille sans justice
Pour la famille de Shraddha Walkar, l’attente est devenue insupportable. Vikas Walkar, le père de la victime, est décédé en février 2025 sans avoir vu le jugement de sa fille. Sa grand-mère est également décédée pendant la durée du procès.

Rajal Naik, la tante de Shraddha, qui voyage depuis Mumbai vers Delhi pour chaque audience, a exprimé son indignation face aux concessions accordées à Poonawala. Elle a notamment déploré que le corps de Shraddha n’ait toujours pas été restitué pour les rites funéraires, les restes récupérés lors de l’enquête étant toujours conservés comme preuves. Mme Naik a également affirmé que l’accusé ne montre aucun remords, entrant et sortant du tribunal avec le sourire.
Rajat Shukla, un ami de la victime, a qualifié la situation de “honteuse”, rappelant la brutalité du crime. Il a critiqué le fait que le système judiciaire accorde une attention particulière au stress mental de l’accusé durant ses examens alors que la famille de la victime attend toujours justice.
Rappel des faits et procédure
Aaftab Amin Poonawala est accusé d’avoir étranglé sa partenaire, Shraddha Walkar, environ six mois avant son arrestation le 12 novembre 2022. Selon l’acte d’accusation, il aurait découpé le corps de la victime en 35 morceaux, les dispersant ensuite dans différentes zones de la capitale.
L’enregistrement des preuves de l’accusation doit reprendre le 21 juillet 2026 à 14h00, tandis que les autres dates précédemment fixées pour le procès restent inchangées.
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