La Cour supérieure a condamné Mylène Hébert à huit mois d’emprisonnement et à une amende de 10 000 $ pour outrage au tribunal. Cette décision fait suite au refus persistant de Mme Hébert de respecter des ordonnances datant du 15 janvier 2026 concernant une affaire de diffamation visant Alain Carrier et Performance N.C. Inc.
C’est un verdict sans appel pour Mylène Hébert. Le juge Antoine Aylwin a conclu que l’intéressée a délibérément ignoré plusieurs ordonnances judiciaires, malgré deux condamnations antérieures pour des faits similaires. Selon le média Vingt55, le tribunal a qualifié ce comportement de un des cas les plus évidents de défiance de l’autorité du système de justice
.
L’amende maximale et la peine d’emprisonnement
La sanction financière est lourde : 10 000 $, soit l’amende maximale prévue. Mais le tribunal a jugé que l’argent ne suffisait plus. La Cour a imposé une peine principale de huit mois de prison, assortie de deux peines additionnelles de deux mois pour d’autres violations, lesquelles devront être purgées concurremment.
L’exécution de cette peine est immédiate. Mme Hébert doit se présenter aux autorités policières dans les cinq jours suivant la réception de la décision. À défaut, le jugement autorise les policiers ou un huissier à procéder à son arrestation.
Les trois violations retenues par le juge Antoine Aylwin
Le juge a établi que trois manquements étaient démontrés hors de tout doute raisonnable. Ces violations concernent des obligations précises imposées lors d’une injonction permanente visant à protéger la réputation d’Alain Carrier et de l’entreprise Performance N.C. Inc.
- Le défaut de retirer les publications visant Alain Carrier, Performance N.C. Inc. et leurs avocats sur les réseaux sociaux.
- Le refus de publier l’intégralité du jugement sur ses plateformes Facebook et TikTok.
- Le refus de débloquer l’accès au compte Facebook de Mme Hébert pour permettre la vérification du respect des ordonnances.
Le tribunal a noté que Mme Hébert connaissait parfaitement ses obligations, ayant reçu la décision par courriel et par signification officielle. Pourtant, elle a continué d’afficher publiquement son intention de ne jamais s’y conformer, publiant des vidéos contestant la légitimité des tribunaux québécois. Certaines de ces vidéos ont même atteint plus de 250 000 visionnements.
L’argumentation de Me Christine Jutras sur l’autorité judiciaire
L’audience s’est déroulée au palais de justice de Drummondville, en l’absence de Mme Hébert. L’avocate d’Alain Carrier, Me Christine Jutras, a plaidé que l’affaire dépassait désormais le simple litige personnel pour devenir une question de respect de l’État de droit. Selon le compte rendu de Vingt55, la procureure a insisté sur le fait qu’une décision de justice n’est pas une suggestion.
Me Jutras a souligné que les sanctions financières précédentes n’avaient produit aucun résultat. Pour elle, seule une sanction plus importante pouvait préserver la crédibilité de l’administration de la justice et envoyer un message clair : les ordonnances ne sont pas facultatives.
L’importance juridique de l’affaire a attiré une attention particulière au sein de la communauté légale. Plus d’une dizaine d’avocats et de membres du Barreau, dont le bâtonnier d’Arthabaska, étaient présents en toge pour suivre les délibérations.
L’origine du conflit : des accusations jugées non crédibles
Tout ce processus d’outrage découle d’un jugement rendu le 15 janvier 2026 par le juge Bernard Synnott. Dans ce dossier de diffamation, le tribunal avait accueilli la demande d’injonction permanente des demandeurs.

Le juge Synnott avait alors tranché de manière sévère sur le contenu des publications de Mme Hébert. Il a qualifié les accusations diffusées sur les réseaux sociaux d’ infondées
, de non crédibles
et a même parlé d’ élucubrations
. Le tribunal avait conclu qu’il n’existait pas la moindre preuve crédible permettant d’associer Alain Carrier ou Performance N.C. Inc. aux graves allégations formulées par Mme Hébert.
C’est précisément le refus de cesser ces publications et de reconnaître ce jugement qui a conduit à la condamnation pénale actuelle pour outrage au tribunal.
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