Publié le 29 décembre 2025 à 05h05. Le Panama fait face à une situation particulière concernant le syndrome pulmonaire à hantavirus, avec 18 cas confirmés cette année, un bilan sans décès qui contraste avec la tendance observée dans d’autres pays d’Amérique latine, selon une alerte de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).
Le Panama compte actuellement 18 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus confirmés en 2025, selon les données épidémiologiques des semaines 1 à 47 (du 16 au 22 novembre). Contrairement à d’autres nations de la région, le pays n’a enregistré aucun décès lié à cette maladie virale, a signalé l’ Organisation panaméricaine de la santé (OPS).
L’épicentre de l’infection se situe dans la province de Los Santos, avec 15 des 18 cas recensés. Les provinces de Herrera (2 cas) et de Coclé (1 cas) ont également été touchées. Près de 95 % des expositions au virus ont eu lieu en milieu rural, confirmant le lien étroit entre la maladie et le contact avec les rongeurs et leurs excréments, un schéma épidémiologique bien connu dans la région d’Azueró, considérée comme une zone endémique.
Tous les patients ont présenté de la fièvre comme symptôme principal. Les autres manifestations cliniques les plus fréquemment observées sont des maux de tête (89 % des cas), des douleurs musculaires (myalgies) (85 % des cas) et de la toux (70 % des cas). Malgré la sévérité potentielle de ces symptômes, l’absence de décès au Panama est notable, surtout en comparaison avec la situation dans d’autres pays.
L’OPS a également fait état de cas d’hantavirus en Argentine, au Brésil, en Bolivie, au Chili, au Paraguay, en Uruguay et aux États-Unis. Au total, ces pays ont enregistré 229 cas et 59 décès, ce qui représente un taux de mortalité régional de 25,7 %. L’Argentine est le pays le plus touché, avec 66 cas et 21 décès, soit un taux de létalité de 32 %, supérieur à sa moyenne historique. Le Brésil, avec 20 cas confirmés, a déploré 11 décès, ce qui porte son taux de létalité à 55 %, l’un des plus élevés de la région.
La Bolivie et le Paraguay ont connu une augmentation significative de l’incidence du virus. La Bolivie a doublé sa moyenne annuelle récente, avec 48 cas, tandis que le Paraguay a signalé une épidémie liée à des activités professionnelles, notamment routières, entraînant 27 infections. Dans ces deux pays, la majorité des cas sont également liés à une exposition en milieu rural.
Le Chili a confirmé 35 cas et sept décès, maintenant un taux de mortalité inférieur à sa moyenne historique. L’Uruguay a signalé huit cas et un décès. Aux États-Unis, les cas restent sporadiques, mais présentent des taux de mortalité élevés par rapport au nombre d’infections.
Bien que la transmission des hantavirus en Amérique soit principalement d’origine zoonotique, l’OPS rappelle qu’il existe des cas documentés de transmission interhumaine, en particulier avec le virus des Andes dans le Cône Sud. Cela souligne la nécessité de renforcer la surveillance épidémiologique et la détection précoce des cas.
L’organisation internationale met en garde contre le fait que l’augmentation des cas et des décès dans certains pays peut refléter des lacunes dans le diagnostic rapide et l’accès à des soins spécialisés, des facteurs cruciaux pour l’évolution clinique de la maladie.
Dans ce contexte, le Panama se distingue par ses bons résultats cliniques en 2025. Cependant, l’OPS insiste sur le fait que l’absence de décès ne doit pas être interprétée comme un signe de faible risque. Il est essentiel de maintenir et de renforcer la surveillance, en particulier dans les zones rurales, agricoles et périurbaines, où les conditions environnementales favorisent la présence des rongeurs.
Pour plus d’informations, consultez le document complet de l’alerte épidémiologique.
Les autorités sanitaires rappellent à la population l’importance d’éviter tout contact avec les rongeurs, d’aérer et de désinfecter régulièrement les habitations fermées pendant de longues périodes, de porter des équipements de protection lors de travaux agricoles ou de nettoyage, et de consulter immédiatement un centre de santé en cas de symptômes tels que de la fièvre, des douleurs musculaires sévères ou des difficultés respiratoires.
Face à une situation régionale préoccupante, le Panama doit maintenir ses efforts de prévention et de réponse rapide pour éviter une détérioration de la situation et préserver le contrôle de l’hantavirus.
