Bruxelles a infligé une amende de 140 millions de dollars (environ 129 millions d’euros) à la plateforme de médias sociaux X, anciennement Twitter, pour des manquements en matière de transparence. Cette sanction, la première du genre depuis l’entrée en vigueur de la loi européenne sur les services numériques (DSA), souligne les nouvelles obligations des grandes plateformes en ligne.
Elon Musk, propriétaire de X, a vivement réagi à cette décision, la qualifiant de « folle » et « insensée » sur sa propre plateforme. Il a déclaré : « L’UE a imposé cette amende exorbitante non seulement à X, mais aussi à moi personnellement, ce qui est encore plus aberrant ! Il semblerait donc approprié d’appliquer notre réponse non seulement à l’UE, mais également aux individus qui ont pris cette mesure contre moi. »
L’enquête de deux ans menée par les régulateurs européens a révélé que X ne respectait pas trois exigences fondamentales de transparence prévues par le DSA. Ce texte de loi impose aux grandes plateformes numériques une responsabilité accrue en matière de sécurité des utilisateurs, de lutte contre les contenus illégaux et préjudiciables, et de transparence concernant leurs pratiques publicitaires et la gestion des données.
Selon la Commission européenne, le système actuel de vérification des comptes sur X, avec ses badges bleus payants, est trompeur. Avant le rachat de Twitter par Musk en 2022, ces badges étaient principalement réservés aux personnalités publiques. Depuis, X permet à quiconque de les obtenir en échange d’un abonnement mensuel de 8 dollars (environ 7,30 euros). Les autorités européennes estiment que ce système ne garantit pas l’authenticité des comptes et peut exposer les utilisateurs à des escroqueries.
La Commission a également pointé du doigt les lacunes de la base de données publicitaires de X, qui doit légalement indiquer qui a financé les publicités et à quel public elles sont destinées. Le système de la plateforme est entravé par des limitations, des retards et des obstacles qui compliquent l’identification des escroqueries et des campagnes de désinformation pour les chercheurs.
« Tromper les utilisateurs avec des coches bleues, dissimuler des informations sur les publicités et entraver le travail des chercheurs n’ont pas leur place en ligne dans l’Union européenne », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de l’UE chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie. « Le DSA est là pour protéger les utilisateurs. »
Cette décision a suscité des réactions aux États-Unis, où certains responsables accusent Bruxelles de cibler injustement les entreprises technologiques américaines. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a dénoncé sur X une « attaque contre toutes les plateformes technologiques américaines et le peuple américain ». Le vice-président JD Vance a quant à lui estimé que la Commission européenne cherchait à pénaliser X pour ne pas avoir censuré certains contenus.
Les autorités européennes ont rejeté ces accusations, affirmant que le DSA ne vise pas à éliminer les grandes entreprises américaines. « La Commission ne cible personne, aucune entreprise, aucune juridiction en fonction de sa couleur ou de son pays d’origine », a déclaré le porte-parole de la Commission, Thomas Régnier.
Dans le même temps, les régulateurs européens ont clos une autre enquête concernant TikTok, après que la plateforme vidéo s’est engagée à améliorer la transparence de sa base de données publicitaire.
