Publié le 13 décembre 2025 à 22h45. La candidate du parti au pouvoir au Honduras, Rixi Moncada, conteste les résultats préliminaires de l’élection générale et appelle ses partisans à descendre dans la rue, dénonçant une fraude électorale massive et des ingérences étrangères.
- Rixi Moncada, candidate du Parti Liberté et Refondation (Libre), rejette les résultats qui la placent en troisième position.
- Elle accuse des manipulations nationales et internationales, pointant du doigt le soutien américain à son adversaire et la grâce accordée à un ancien président reconnu coupable de trafic de drogue.
- Le parti Libre refuse de reconnaître le gouvernement issu de ce scrutin et promet une opposition ferme.
Rixi Moncada a annoncé son intention de mobiliser ses soutiens dans les rues du Honduras pour protester contre ce qu’elle qualifie de fraude électorale généralisée lors des élections du 30 novembre. S’exprimant lors d’une réunion extraordinaire des militants de Libre à Siguatepéque, elle a réaffirmé son refus d’accepter les résultats préliminaires qui la placent en troisième position, exigeant l’annulation du processus électoral.
« Nous ne reconnaîtrons jamais ces élections, un piège, une tromperie, une supercherie envers le peuple hondurien. Nous sommes aux côtés de notre peuple, de ceux qui ont voté pour nous, mais aussi de ceux qui n’ont pas pu voter librement, contraints, menacés, assiégés. »
Rixi Moncada, candidate du Parti Liberté et Refondation (Libre)
Accompagnée du coordinateur général de Libre et ancien président Manuel Zelaya, Moncada a dénoncé des pressions et des menaces exercées sur les électeurs. Elle a également accusé des acteurs nationaux et internationaux de manipuler le processus, critiquant particulièrement le président des États-Unis, Donald Trump, pour son soutien public au candidat conservateur Nasry ‘Tito’ Asfura et pour la grâce accordée à l’ancien président Juan Orlando Hernández, reconnu coupable de trafic de drogue à New York. Selon Moncada, ces actions ont « changé le cours des élections au Honduras » et ont favorisé une alliance entre « la mafia impériale et le crime organisé ».
Manuel Zelaya a, de son côté, appelé les militants de Libre à se mobiliser et à exiger l’annulation des élections, qu’il a qualifiées de « processus frauduleux ». Il a réaffirmé son soutien à Moncada et aux candidats de Libre, affirmant que « la corruption, les fonds occultes et les barons de la drogue ne peuvent pas triompher ». Il a également souligné que les citoyens honduriens avaient développé, au cours des deux dernières décennies, une « conscience et une conviction » dans la résistance et la lutte, tout en critiquant le système bipartite traditionnel pour son recours à la « pression étrangère » et à l’ingérence de Washington.
Le Parti Libre a officiellement annoncé qu’il ne reconnaît pas la légitimité du gouvernement issu des élections du 30 novembre, dénonçant une « restauration du narco-État » permise par l’ingérence du gouvernement américain. Le parti promet une « ferme opposition éthique et populaire ».
Selon les données du Conseil National Electoral (CNE), avec 99,40% des procès-verbaux dépouillés, Nasry Asfura, du Parti national, est en tête avec 1 298 835 voix (40,52%), suivi de Salvador Nasralla, du Parti libéral, avec 1 256 428 voix (39,20%). Rixi Moncada arrive en troisième position avec 618 448 voix (19,29%). Le résultat final reste cependant incertain, le CNE devant examiner 2 773 procès-verbaux signalés pour irrégularités.
La situation suscite des inquiétudes au sein de la communauté internationale. Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a appelé à des résultats « crédibles » et « acceptés par tous », exhortant les dirigeants politiques à éviter les déclarations susceptibles d’aggraver les tensions. L’OEA a convoqué une session extraordinaire pour analyser la situation au Honduras et soutenir la transparence du processus.
L’Union européenne (UE) a également exprimé son soutien au processus électoral et souligné le travail du CNE, insistant sur l’importance de permettre au corps électoral de travailler sans pression ni interférence. L’UE a demandé à tous les candidats d’attendre et de respecter le processus de recomptage, affirmant que « la volonté du peuple hondurien doit être respectée ».
L’ONG Cristosal, basée au Salvador, a dénoncé des actes de coercition envers les électeurs et des violences politiques durant la campagne. Selon René Valiente, directeur des enquêtes de l’organisation, des « actes de coercition de l’électorat » ont été identifiés, liés à la « présence de membres de gangs à proximité des centres de vote ». Cristosal a également fait état de sept meurtres liés à des violences politiques commis pendant la campagne électorale.
Rixi Moncada et Salvador Nasralla maintiennent leur rejet des résultats préliminaires et exigent l’annulation du processus, malgré les appels au calme et au respect des institutions électorales formulés par les organisations internationales.
