Publié le 8 décembre 2025 à 23h43. Le Honduras a émis un mandat d’arrêt international contre son ancien président, Juan Orlando Hernández, malgré sa récente grâce accordée par les États-Unis, dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent et fraude.
- Le procureur général du Honduras, Joël Zelaya, a demandé l’exécution d’un mandat d’arrêt international contre Juan Orlando Hernández.
- Hernández est accusé de blanchiment d’argent et de fraude dans l’affaire Pandora II.
- La demande intervient après que l’ancien président a bénéficié d’une grâce présidentielle américaine après avoir été condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue et d’armes.
Le Honduras relance ainsi une procédure judiciaire à l’encontre de son ancien chef d’État, Juan Orlando Hernández, malgré l’intervention de Washington. Le procureur général, Joël Zelaya, a annoncé ce lundi la demande d’exécution d’un mandat d’arrêt international, quelques jours seulement après la libération de Hernández grâce à une grâce accordée par l’ancien président américain Donald Trump.
Hernández, qui a dirigé le pays d’Amérique centrale entre 2014 et 2022, est visé par des accusations de blanchiment d’argent et de fraude, liées à l’affaire Pandora II. Selon les enquêteurs, ces délits auraient affecté l’administration publique durant son mandat.
Dans un message publié sur son compte X, à la veille de la Journée internationale de lutte contre la corruption (le 9 décembre), Zelaya a déclaré :
« Nous avons été lacérés par les tentacules de la corruption et par les réseaux criminels qui ont profondément marqué la vie de notre pays. C’est pourquoi j’ai chargé l’ATIC et j’exhorte également les agences de sécurité de l’État et nos alliés internationaux, comme Interpol, à exécuter le mandat d’arrêt international contre l’ancien président Juan Orlando Hernández. »
L’Agence technique d’enquête criminelle (ATIC) du Honduras est chargée d’initier les procédures internes pour l’arrestation d’Hernández, tout en coordonnant avec Interpol pour une éventuelle capture à l’étranger.
En avril 2024, Hernández avait été extradé vers les États-Unis et, en juin de la même année, il avait été condamné par un tribunal fédéral du district sud de New York à 45 ans de prison pour trafic de drogue et trafic d’armes. La peine comprenait également cinq ans de liberté surveillée et une amende de 8 millions de dollars (USD). Il avait passé plus de trois ans en prison avant de bénéficier de la grâce présidentielle.
Hernández a exprimé sa gratitude à Donald Trump suite à sa libération, déclarant :
« Une fois de plus, je tiens à remercier le président Donald Trump d’avoir reconnu l’injustice dans mon cas et de m’avoir accordé ce pardon, ainsi que pour ses paroles fortes et très claires adressées au peuple hondurien. »
Il a ajouté qu’il appréciait « l’intérêt pour le destin de notre nation et l’importance d’un Honduras sûr, fort et prospère ».
La grâce présidentielle a suscité des tensions politiques et juridiques au Honduras. Le système judiciaire local maintient la validité des accusations de corruption et de fraude. Le parquet hondurien souligne que la décision américaine n’affecte pas la procédure pénale en cours dans le pays et que la coopération internationale sera essentielle pour l’exécution du mandat d’arrêt.
Cette affaire illustre la complexité des relations entre la justice nationale et les décisions exécutives des États-Unis, et pourrait créer un précédent pour les futures procédures judiciaires impliquant d’anciens responsables latino-américains accusés de corruption et de criminalité organisée. La demande de Zelaya s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les poursuites pour délits financiers et blanchiment d’argent impliquant d’anciens fonctionnaires, dans un pays où la corruption reste un défi structurel majeur.
(Avec informations de l’EFE)
