Publié le 13 décembre 2025 à 10h00. À l’approche des fêtes et avec l’arrivée de l’été, une pression accrue pour atteindre des idéaux de beauté conduit à une multiplication des régimes restrictifs et des interventions esthétiques, suscitant l’inquiétude des professionnels de la santé face aux risques physiques et psychologiques.
- La fin d’année est marquée par une forte demande de régimes amincissants et de procédures esthétiques.
- Les spécialistes mettent en garde contre les dangers des régimes restrictifs et de la quête obsessionnelle de la perfection physique.
- Les troubles de l’alimentation, souvent exacerbés par les réseaux sociaux, peuvent se manifester chez les adolescents et les jeunes adultes.
La période des fêtes, traditionnellement associée aux retrouvailles et aux célébrations, est également un moment où la pression sociale pour correspondre à certains standards de beauté s’intensifie. Cette tendance se traduit par une augmentation significative de la demande pour des régimes alimentaires restrictifs et des interventions de chirurgie esthétique, selon les observations de nutritionnistes, de dermatologues et de chirurgiens plasticiens.
Le psychiatre Fábio Salzano, coordinateur du programme des troubles de l’alimentation à l’IPq-HCFMUSP (Institut de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de São Paulo), souligne que l’exposition accrue du corps sur les plages et au bord des piscines contribue à une insatisfaction corporelle croissante.
« L’apparence physique finit par prendre le pas sur les valeurs internes, comme si c’était le meilleur moyen de porter le jugement de ses pairs. »
Fábio Salzano, psychiatre et coordinateur du programme des troubles de l’alimentation à l’IPq-HCFMUSP
Pour atteindre rapidement le corps désiré, certains ont recours à des régimes détox (abréviation de détoxifiants) et à des restrictions caloriques sévères. La nutritionniste Marcella Garcez, directrice d’Abran (Association brésilienne de nutrologie), met en garde contre le risque de persistance de l’insatisfaction corporelle, même après une perte de poids, en l’absence d’une éducation nutritionnelle adéquate, d’une gestion émotionnelle et d’attentes réalistes.
Les médecins avertissent que ces régimes peuvent entraîner un cercle vicieux de restriction et de crises de boulimie, ainsi qu’une perte de masse maigre, des carences nutritionnelles et un déséquilibre métabolique. Les risques immédiats incluent la fatigue, l’irritabilité, les vertiges et une détérioration des fonctions cognitives. À long terme, ce comportement peut provoquer une sarcopénie (perte de masse, de force et de fonction musculaire), des fluctuations de poids, des dérèglements hormonaux et un risque accru de troubles de l’alimentation.
Selon le Dr. Salzano, lorsqu’un comportement alimentaire ou une perception de l’image corporelle sont source de souffrance physique et psychologique, et s’accompagnent d’un investissement excessif en temps, d’un isolement social, de troubles de l’humeur et d’une quête incessante de changement physique sans satisfaction, cela peut signaler un trouble de l’alimentation.
« Quand on parle d’un trouble de l’alimentation comme l’anorexie nerveuse, nous savons que la présence d’une distorsion de l’image corporelle est très intense, et que chaque fois qu’une personne perd du poids et atteint l’objectif fixé, elle continue à se voir différemment de ce qu’elle imaginait. »
Fábio Salzano, psychiatre et coordinateur du programme des troubles de l’alimentation à l’IPq-HCFMUSP
Les adolescents et les jeunes adultes sont particulièrement vulnérables, en raison de leur exposition accrue aux réseaux sociaux et à un environnement de comparaison constante.
La quête de l’amélioration de l’apparence ne se limite pas à la perte de poids. La dermatologue Flávia Brasileiro, membre de la SBD (Société brésilienne de dermatologie), constate une augmentation de la demande pour des procédures esthétiques. Les patients expriment souvent un désir de réduire les rides, de raffermir le visage, d’atténuer le double menton ou d’augmenter le volume des lèvres. Les interventions corporelles, telles que le traitement du relâchement cutané, la réduction des graisses localisées et le remplissage des fesses à l’aide d’acide hyaluronique, sont également en hausse.
La chirurgienne plasticienne Beatriz Lassance confirme cette tendance, soulignant que certains patients sont motivés par le désir de faire bonne impression lors d’événements sociaux, notamment en présence de personnes qu’ils ne voient que rarement.
« C’est le plus grand stress au bureau. Qu’il s’agisse de la remise des diplômes du fils, où l’ex-mari sera avec sa femme actuelle, de 20 ans plus jeune ; ou d’un cousin envieux qui remarque tout, de la belle-fille qui vit pratiquement dans une clinique de beauté. »
Beatriz Lassance, chirurgienne plasticienne
Le besoin de plaire aux autres peut conduire à des attentes irréalistes quant aux résultats des procédures, ce que les médecins considèrent comme un risque majeur. Le Brésil est d’ailleurs le pays qui réalise le plus grand nombre de chirurgies esthétiques au monde. Lassance rappelle que de nombreuses interventions nécessitent du temps pour montrer des résultats et qu’il est essentiel de respecter les temps de repos. Pour ceux qui recherchent des résultats immédiats, il est préférable d’opter pour des procédures moins invasives et de garder des attentes réalistes. Les professionnels de la santé doivent guider les patients et, si nécessaire, imposer des limites.
Enfin, le Dr. Salzano insiste sur l’importance d’analyser le réel besoin médical avant de recourir à une intervention esthétique.
« La connaissance de soi grâce à la psychothérapie peut élargir le chemin vers une satisfaction personnelle qui ne nécessite pas de changement externe, dans la recherche de validation de ce que pensent les autres. »
Fábio Salzano, psychiatre et coordinateur du programme des troubles de l’alimentation à l’IPq-HCFMUSP
