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These women said no to having kids

Le taux de fécondité aux États-Unis a atteint un niveau historiquement bas en 2023, avec seulement 3,6 millions de naissances. Cette chute, observée également en Europe et en Asie de l'Est, reflète un choix croissant de femmes de…

La chute historique des naissances aux États-Unis

Le taux de fécondité aux États-Unis a atteint un niveau historiquement bas en 2023, avec seulement 3,6 millions de naissances. Cette chute, observée également en Europe et en Asie de l’Est, reflète un choix croissant de femmes de rester « sans enfant par choix » pour des raisons économiques, sociales et professionnelles.

La chute historique des naissances aux États-Unis

L’année 2023 a marqué un tournant démographique aux États-Unis. Selon des données du CDC citées par l’Université de Chicago, le pays a enregistré 3,6 millions de naissances, soit 76 000 de moins que l’année précédente. Ce chiffre représente le niveau le plus bas depuis 1979. Cette tendance ne se limite pas au territoire américain. Le déclin est global, touchant largement l’Europe et atteignant des sommets en Asie de l’Est. Aux États-Unis, le taux de fécondité est tombé à 1,6 enfant par femme, un chiffre inférieur au seuil de remplacement nécessaire pour maintenir une population stable sans l’apport de l’immigration, comme l’a souligné NPR. Le risque est concret : une diminution potentielle de la population totale. Ce basculement économique et social force les analystes à s’interroger non plus seulement sur ceux qui ne peuvent pas avoir d’enfants, mais sur ceux qui s’y opposent délibérément.

L’émergence du concept de « sans enfant par choix »

L'émergence du concept de « sans enfant par choix »
Photo: news.uchicago.edu
Pour comprendre ce phénomène, une distinction sémantique s’impose. Le terme « sans enfant » (childless) suggère souvent une circonstance subie ou un désir non réalisé. À l’inverse, l’expression sans enfant par choix (child-free) définit une décision volontaire et assumée de ne pas devenir parent. Cette posture est particulièrement marquée chez les milléniaux et la génération Z. Ces groupes expriment ouvertement leur désintérêt pour la parentalité, citant le coût financier, le temps et l’effort colossal requis pour élever un enfant correctement. Pour beaucoup, l’idée même de parentalité est devenue une source d’anxiété plutôt qu’un objectif de vie. Cependant, cette décision se heurte souvent à une pression sociale persistante. Les femmes font face à des préjugés tenaces, allant de la promesse qu’elles « changeront d’avis » aux avertissements sur une vieillesse solitaire.

Le coût matériel et l’ambition professionnelle

En Grande-Bretagne, les obstacles structurels pèsent lourdement dans la balance. Un rapport du CSJ, basé sur un sondage réalisé en 2023 auprès de 1 500 femmes âgées de 18 à 35 ans, révèle des motivations précises :
  • Carrière : 38 % des femmes ne souhaitant pas être mères citent la volonté de progresser professionnellement.
  • Coût de la garde d’enfants : Près de la moitié des répondantes pointent le coût prohibitif des crèches et modes de garde.
  • Logement : 41 % affirment qu’elles auraient besoin d’un logement plus grand pour accueillir des enfants, un luxe inaccessible dans le marché actuel.
Ce constat est illustré par le témoignage de Chy, une responsable de compte de 33 ans. Elle estime que le système actuel de congés parentaux et le prix des services de garde rendent plus difficile pour les femmes de mener une vie au-delà du simple rôle de mère. Elle observe chez ses proches la nécessité de réduire leurs heures de travail pour gérer les impératifs scolaires, un sacrifice qu’elle refuse.

Si ces systèmes changeaient, peut-être que ma décision aurait pu être influencée plus tôt.

Why Women Aren't Having Kids Anymore (It's Not What You Think)
Chy, via la BBC

Un phénomène ancré dans l’histoire et la culture

L’idée que le refus de la maternité serait une invention moderne du féminisme ou une caractéristique de la « paresse » des nouvelles générations est contredite par la recherche historique. Peggy O’Donnell Heffington, professeure à l’Université de Chicago, démontre que les femmes contrôlent activement leur fertilité depuis très longtemps. Déjà il y a 200 ans, des décisions actives étaient prises pour limiter ou prévenir les naissances en réponse à des pressions économiques ou politiques, comme les guerres. La maternité n’a donc pas toujours été une fatalité biologique ou sociale. Le poids de la culture reste néanmoins un facteur de tension. Pour Chy, d’origine africaine, le refus d’avoir des enfants a provoqué beaucoup de choc et d’incrédulité au sein de sa famille élargie, où les femmes sont censées avoir des enfants.

Je suis d’origine africaine… Le fait de résister à cette idée a été accueilli avec beaucoup de choc et d’incrédulité.

Un phénomène ancré dans l'histoire et la culture
Photo: npr.org
Chy, via la BBC Au-delà de la culture, c’est la perception sociale du rôle de mère qui évolue. Le rapport du CSJ suggère que la société britannique devrait accorder une plus grande valeur au rôle de mère, soulignant que ce rôle était tenu en plus haute estime au XXe siècle. L’enjeu pour les prochaines décennies sera de déterminer si les gouvernements adapteront leurs politiques publiques — notamment sur le logement et la garde d’enfants — ou si le déclin démographique s’accélérera, transformant le choix individuel en une norme sociétale irréversible.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.