Publié le 17 janvier 2024 à 08h00. L’engouement pour le bien-être et la santé personnelle est à son comble, mais une enquête révèle que les réseaux sociaux, notamment TikTok, sont devenus une source majeure de conseils médicaux, souvent sans fondement scientifique.
- Une étude récente montre que 87 % des utilisateurs de TikTok (générations Y et Z) suivent des conseils de santé et de nutrition sur les réseaux sociaux.
- Seulement 2 % de ces conseils sont conformes aux recommandations des autorités de santé publique.
- L’article passe en revue une série de tendances santé douteuses et potentiellement dangereuses relayées en ligne.
Janvier est traditionnellement le mois des bonnes résolutions, et la santé occupe une place centrale dans les préoccupations de beaucoup. Plus que jamais, les individus cherchent à optimiser leur bien-être, s’informant et ajustant leur mode de vie. Cette quête de la santé parfaite a toutefois un revers : une dépendance croissante aux conseils diffusés en ligne, et notamment sur les plateformes comme TikTok.
Mais est-il sage de se fier aux recommandations de personnes sans formation médicale ? Le risque de succomber à des tendances éphémères et non prouvées est bien réel. Une enquête menée par MyFitnessPal et la Dublin City University en 2024 auprès de 2 000 utilisateurs de TikTok aux États-Unis, au Canada, en Australie et au Royaume-Uni a révélé un chiffre alarmant : 87 % de la génération Y et de la génération Z suivent régulièrement des conseils de santé et de nutrition sur les réseaux sociaux.
Le problème ? Seulement environ 2 % de ces informations sont en accord avec les directives de santé publique. Un décalage préoccupant qui souligne la nécessité d’un esprit critique face au flux incessant de contenus en ligne. Des « experts » autoproclamés aux gourous du bien-être, en passant par des personnalités publiques, la désinformation prolifère.
Voici un aperçu de quelques idées reçues, partagées comme des vérités, mais qui manquent cruellement de preuves scientifiques :
Éviter les huiles de graines : Les huiles de canola, de maïs, de coton, de pépins de raisin, de soja, de son de riz, de tournesol et de carthame sont souvent accusées de provoquer inflammation et maladies chroniques. L’American Heart Association dément formellement ces allégations, affirmant que ces huiles sont bénéfiques pour la santé.
Soins de la peau au suif de bœuf : L’application de graisse de bœuf sur la peau est déconseillée par les dermatologues. Elle peut obstruer les pores, rancir et provoquer des réactions allergiques. Aucune étude ne confirme son efficacité contre l’acné ou d’autres problèmes cutanés. La vaseline, quant à elle, est une alternative éprouvée et sans danger pour les animaux.
Eau de borax : Le borax, un composé chimique présent dans les insecticides et les produits de nettoyage, est présenté comme un remède miracle contre l’arthrite, les aphtes, les infections urinaires et même le cancer. Or, il n’existe aucune preuve de ces bienfaits, et sa consommation peut être nocive pour l’homme.
Colostrum bovin : Ce liquide riche en nutriments, produit par les vaches après la naissance, est promu comme un super-complément alimentaire. Pourtant, il est destiné aux veaux, et non aux humains adultes. Son efficacité n’a jamais été démontrée, et son prix est exorbitant.
Régime carnivore : Ce régime restrictif, basé uniquement sur la consommation de viande et de produits animaux, est fortement déconseillé par la British Heart Foundation en raison des risques de cholestérol, d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires. Sans parler des problèmes digestifs qu’il peut engendrer.
Eau de chia : Le trempage des graines de chia dans l’eau crée un gel censé soulager la constipation. Si cela peut fonctionner, c’est aussi le cas d’une alimentation riche en fibres, en fruits et légumes frais, et d’une bonne hydratation. Les personnes souffrant de troubles intestinaux doivent être particulièrement prudentes.
Eau chlorophylle : Cette eau aromatisée à la chlorophylle est présentée comme un élixir de bien-être. Or, aucune preuve scientifique ne soutient ses prétendus bienfaits. Elle peut aider en cas de constipation, mais une consommation excessive peut provoquer des diarrhées.
Suppléments de collagène : Très populaires, ces suppléments promettent une peau plus élastique et un meilleur sommeil. L’Autorité européenne de sécurité des aliments n’a cependant pas validé ces allégations. Leur consommation n’a pas d’effets secondaires connus, si ce n’est le gaspillage d’argent. Le collagène « végétalien », qui ne contient pas de collagène mais des ingrédients censés stimuler sa production, est particulièrement inutile.
Détox : La « détox » est une pratique médicale réservée aux personnes souffrant de dépendances. Pour le reste, le foie et les reins assurent naturellement l’élimination des toxines. Une cure de jus peut être agréable, mais elle ne constitue pas une véritable détoxification.
Boissons électrolytiques : Sauf en cas de déshydratation sévère ou d’activité physique intense, les boissons électrolytiques sont généralement inutiles. Les Américains dépensent chaque année 10 milliards de dollars dans ces produits. L’eau et une orange suffisent amplement.
Nettoyage des sinus à l’ail : L’introduction d’ail dans les narines pour dégager les sinus est déconseillée par les ORL. Cela peut irriter les muqueuses nasales.
Ail inséré dans le corps : L’utilisation de l’ail à des fins thérapeutiques, notamment par voie rectale ou vaginale, est une mauvaise idée. Bien que l’ail possède des propriétés médicinales, il est préférable de le consommer en cuisine. Pour en savoir plus sur ses bienfaits potentiels, consultez cet article.
Régime sans gluten : Seule une petite minorité de la population (0,7 à 1 %) souffre de la maladie cœliaque. Un pourcentage plus élevé (6 à 13 %) présente une sensibilité au gluten non cœliaque. Pour la grande majorité des gens, éviter le gluten est inutile et peut même être contre-productif. Le problème réside souvent dans les aliments ultra-transformés.
Formation capillaire : L’idée que l’espacement des shampooings permet de « former » le cuir chevelu est infondée. La production de sébum est régulée par les hormones, les saisons et l’âge, et non par un entraînement.
Café au citron : Ce mélange miracle est censé favoriser la perte de poids, soulager les maux de tête et améliorer les performances physiques et mentales. Il s’agit d’une absurdité totale.
Eau de laitue : L’eau de laitue bouillie contient du lactucarium, un composé aux propriétés soporifiques. Cependant, il faudrait en boire des litres pour ressentir un quelconque effet. Et cela pourrait provoquer des envies fréquentes d’uriner.
Taping buccal : Le collage des lèvres avec du ruban adhésif pendant le sommeil est censé favoriser la respiration nasale et réduire le ronflement. Cette pratique peut être dangereuse pour les personnes souffrant d’apnée du sommeil. Il est préférable de consulter un professionnel de santé avant de l’essayer.
Oatzempic : Ce substitut d’Ozempic, un médicament pour la perte de poids, consiste à mélanger de l’avoine, de l’eau et du jus de citron vert. Il n’est pas efficace.
Eau de gombo : Cette eau visqueuse est présentée comme une panacée pour de nombreux maux. Bien que le gombo soit riche en nutriments, il n’a pas de propriétés magiques.
Lait cru : Le lait cru, non pasteurisé, est présenté comme plus sain que le lait pasteurisé. Or, il peut contenir des bactéries dangereuses pour la santé humaine.
Cocktail sans alcool pour fille endormie : Ce mélange de jus de cerise acidulée, de magnésium et de soda probiotique est censé favoriser le sommeil. Son efficacité n’a pas été prouvée.
Boire de l’urine : Cette pratique ancestrale, relayée sur les réseaux sociaux, est dénuée de tout fondement scientifique. L’urine est un déchet, et non un remède miracle.
Aversion pour les vaccins : La désinformation sur les vaccins est un problème majeur de santé publique. Les vaccins ont éradiqué ou réduit de nombreuses maladies graves. Ils sont développés par des scientifiques, et non par des personnes qui ont « fait leurs propres recherches » sur internet.
Suivi du sommeil : L’obsession du suivi du sommeil à l’aide d’appareils connectés peut entraîner l’orthosomnie, un trouble du sommeil paradoxal. Il est parfois préférable de se détendre et de lire un livre avant de se coucher.
