L’Ukraine a accusé la Russie d’avoir commis des crimes de guerre en utilisant un missile hypersonique à capacité nucléaire lors d’une frappe massive, déclenchant une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU prévue lundi. L’attaque, qualifiée d'”épouvantable” par Kiev, a visé des infrastructures civiles et soulève des inquiétudes quant à une escalade du conflit.
Selon les autorités ukrainiennes, le missile Oreshnik, capable d’atteindre une vitesse de 8 000 km/h, a frappé la région de Lviv, à seulement 65 kilomètres de la frontière polonaise. Il s’agit de la deuxième utilisation connue de cette arme par la Russie, après une première frappe en novembre 2024 sur Dnipro.
L’ambassadeur ukrainien auprès de l’ONU, Andriy Melnyk, a déclaré que cette attaque marque « un nouveau niveau effroyable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en terrorisant les civils ». Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, il a demandé une réponse ferme de la communauté internationale.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a confirmé la tenue de la réunion d’urgence, soulignant qu’elle porterait sur les « violations flagrantes de la Charte des Nations Unies par la Russie ». Il a également averti que cette frappe, à proximité des frontières de l’Union européenne et de l’OTAN, constitue une « menace sérieuse pour la sécurité du continent européen ».
Volodymyr Zelensky a appelé Donald Trump à réagir avec fermeté à cette attaque, insistant sur le fait que la Russie prête une attention particulière aux signaux émis par les États-Unis. « Une réaction claire de la part du monde est nécessaire », a-t-il déclaré. « La Russie doit recevoir des signaux indiquant qu’elle a l’obligation de se concentrer sur la diplomatie, et doit en ressentir les conséquences chaque fois qu’elle se concentre à nouveau sur les meurtres et la destruction des infrastructures. »
Downing Street a indiqué que la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni condamnaient collectivement les frappes, les qualifiant de « progressives et inacceptables ». Le Premier ministre britannique a dénoncé l’utilisation par la Russie d’« allégations fabriquées de toutes pièces » pour justifier l’attaque.
Les services de renseignement ukrainiens (SBU) ont récupéré des fragments du missile Oreshnik, qu’ils décrivent comme le « cerveau » de l’arme, et les traiteront comme des preuves de crime de guerre. L’enquête préliminaire suggère que les infrastructures civiles ont été délibérément ciblées.
L’Oreshnik, dont le nom de code signifie « noisetier » en russe, est un missile balistique à portée intermédiaire capable d’atteindre des cibles jusqu’à 5 000 km. Il peut transporter jusqu’à six ogives ciblées indépendamment et est conçu pour contourner les systèmes de défense antimissile. Selon le Centre d’études stratégiques et internationales, il serait dérivé du RS-26, un missile balistique capable d’emporter une tête nucléaire.
Par ailleurs, le maire de Kiev, Vitaliy Klitschko, a exhorté les habitants à quitter la capitale en raison de pannes de chauffage massives qui ont laissé la moitié des immeubles résidentiels sans chauffage, alors que les températures sont inférieures à zéro.
