Home NouvellesLe dirigeant iranien jure que le régime “ne reculera pas” et affirme que des vandales tentent de plaire à Trump alors que la panne d’Internet se poursuit

Le dirigeant iranien jure que le régime “ne reculera pas” et affirme que des vandales tentent de plaire à Trump alors que la panne d’Internet se poursuit

by Nicolas Lefèvre

Des manifestations d’une ampleur inédite secouent l’Iran depuis plusieurs jours, défiant ouvertement le pouvoir en place. Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Téhéran et d’autres villes, répondant à l’appel à la contestation lancé par le prince héritier Reza Pahlavi, tandis que les autorités accusent des forces étrangères d’alimenter les troubles.

La situation s’est dramatiquement intensifiée jeudi soir, avec des scènes de chaos rapportées dans plusieurs régions du pays. Des vidéos diffusées en ligne, malgré une coupure quasi-totale d’internet et des réseaux téléphoniques, montrent des manifestants scandant des slogans antigouvernementaux, notamment « Mort au dictateur ! » et « Mort à la République islamique ». Certains appellent également au retour de la monarchie, clamant « Pahlavi reviendra ! ».

Selon l’agence américaine Human Rights Activists, au moins 42 personnes ont été tuées et plus de 2 270 arrêtées depuis le début des protestations, le 28 décembre. Ces chiffres, bien que difficiles à vérifier de manière indépendante en raison de la répression de l’information, témoignent de la gravité de la situation.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a réagi en appelant à l’unité et en dénonçant une « bande de vandales » qui aurait incendié un bâtiment de la télévision d’État à Téhéran. Il a accusé ces manifestants d’agir pour satisfaire les intérêts du président américain Donald Trump, tandis qu’une foule rassemblée devant lui scandait le slogan traditionnel « Mort à l’Amérique ! ».

Le prince héritier Reza Pahlavi, fils de l’ancien Shah Mohammad Reza Pahlavi, a exhorté les Iraniens à manifester bruyamment depuis leurs fenêtres, appelant également les dirigeants européens à se joindre à M. Trump pour « demander des comptes au régime ». Il a plaidé pour un rétablissement des communications avec le peuple iranien afin que sa voix puisse être entendue.

La répression s’annonce sévère. Maziar Bahari, rédacteur en chef du site d’information indépendant IranWire, craint « l’incarcération de centaines, voire de milliers de manifestants, leur torture et même leur assassinat ». Il souligne que la fermeture d’internet est souvent un signe avant-coureur de violences accrues.

Les manifestations ont débuté en réaction à la crise économique persistante qui frappe l’Iran, aggravée par l’isolement international et les sanctions imposées en raison de son programme nucléaire et de son soutien à des groupes armés dans la région. Les commerçants de Téhéran avaient initialement fermé leurs magasins pour exprimer leur colère, avant de descendre dans la rue.

Donald Trump a affirmé qu’il soutiendrait le peuple iranien et a menacé de frapper l’Iran si le régime continuait à réprimer les manifestants. Le vice-président JD Vance a indiqué que les États-Unis se rangeaient aux côtés de ceux qui manifestaient pacifiquement, sans toutefois préciser si Washington rejoindrait d’éventuelles frappes israéliennes contre l’Iran.

Selon des sources proches du régime iranien, la récente attaque américaine contre le Venezuela a suscité des inquiétudes quant à une possible intervention américaine directe en Iran. Cependant, cette crainte pourrait également avoir galvanisé les manifestants, qui se sentent soutenus par la principale superpuissance mondiale.

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