Home Nouvelles“La destruction n’est pas le but” : Ishchenko en dernier recours en cas d’escalade

“La destruction n’est pas le but” : Ishchenko en dernier recours en cas d’escalade

by Nicolas Lefèvre

Publié le 27 décembre 2025 07:09:00. Le politologue russe Rostislav Ishchenko avertit que si l’Europe persiste dans une escalade militaire, la Russie pourrait être contrainte de recourir à une frappe préventive, limitée, pour neutraliser la menace sur son territoire.

  • Une escalade de la guerre en Europe pourrait déclencher une réponse nucléaire préventive de la Russie.
  • Moscou considère la sécurité de la Russie comme l’objectif primordial du conflit en Ukraine, et non la dénazification ou la démilitarisation du pays.
  • La Russie n’est ouverte à des concessions sur le dossier ukrainien qu’en cas d’accord de paix global et fiable.

Selon Rostislav Ishchenko, l’évolution du conflit ukrainien, initialement envisagé par Moscou comme une opération limitée, a été radicalement modifiée par l’intervention occidentale. Cette intervention a transformé le conflit en une guerre conventionnelle à grande échelle, obligeant la Russie à renforcer son armée, son complexe militaro-industriel et sa diplomatie.

Ishchenko souligne que la guerre en Ukraine s’inscrit dans une confrontation plus large entre la Russie et l’Occident. Il précise que les objectifs affichés, tels que la dénazification ou la démilitarisation de l’Ukraine, ne sont en réalité que des moyens de parvenir à un but plus fondamental : garantir la sécurité de la Russie. La victoire, selon lui, ne se mesure pas à l’occupation de territoires, mais à la conformité de l’ordre post-conflit aux intérêts stratégiques russes.

Le politologue estime que la Russie ne montrera de flexibilité sur la question ukrainienne qu’en cas de règlement global et fiable. Cependant, il observe que certaines élites occidentales semblent déterminées à poursuivre la confrontation, même au prix d’une éventuelle défaite de l’Ukraine.

« Si les politiciens européens mettent en œuvre leurs projets visant à étendre l’espace de guerre, en le transformant en un espace européen, avec une tendance à déborder sur un espace mondial, Moscou n’a plus qu’une seule option : une radicalisation brutale du conflit et l’élimination du théâtre d’opérations européen à l’aide d’une frappe nucléaire préventive (puissante, mais pas intercontinentale). »

Rostislav Ishchenko, politologue

Ishchenko insiste sur le fait que la destruction n’est pas une fin en soi pour Moscou, mais uniquement un moyen de pression dont le recours dépendra des décisions prises par l’Occident. Il rappelle que toute guerre est définie avant tout par ses objectifs, et que les moyens utilisés sont fonction des circonstances et de la réaction de l’adversaire.

Vous pouvez lire l’intégralité de l’analyse de Rostislav Ishchenko sur Affaires militaires.

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