Publié le 24 octobre 2025 à 15h23. La découverte d’une potentielle « super-Terre » située à moins de 20 années-lumière de notre planète relance les espoirs de trouver de la vie au-delà du système solaire, grâce à une combinaison d’observations terrestres et d’analyses de données sophistiquées.
- Les astronomes ont identifié GJ 251 c, une planète rocheuse possible dont la masse est environ quatre fois celle de la Terre.
- Cette exoplanète se trouve dans la « zone habitable » de son étoile, une région où l’eau liquide pourrait exister à sa surface.
- La découverte a été rendue possible grâce à un instrument de haute précision, le Habitable Zone Planet Finder (HPF), et à plus de vingt ans de données combinées.
La recherche de planètes capables d’abriter de l’eau liquide, condition essentielle à la vie telle que nous la connaissons, est l’un des défis majeurs de l’astronomie moderne. La découverte de GJ 251 c, annoncée récemment, représente une avancée significative dans cette quête. Située à environ 17 années-lumière de la Terre, cette exoplanète suscite un intérêt particulier en raison de sa position dans la zone habitable de son étoile, une naine rouge appelée GJ 251.
« Nous recherchons ce type de planètes car elles constituent notre meilleure chance de trouver de la vie ailleurs », a expliqué Suvrath Mahadevan, professeur d’astronomie à Penn State et co-auteur de l’étude publiée dans The Astronomical Journal.
GJ 251 c possède une masse minimale estimée à 3,84 fois celle de la Terre et effectue une orbite autour de son étoile en 53,6 jours. Ces caractéristiques la classent dans la catégorie des « super-Terres », des planètes plus massives que la Terre mais plus petites que Neptune. Bien que la présence d’une atmosphère ou d’eau n’ait pas encore été confirmée, sa position dans la zone habitable en fait une cible privilégiée pour de futures observations.
La détection de GJ 251 c est le fruit d’un travail de longue haleine, s’étalant sur plus de deux décennies. L’équipe internationale d’astronomes a combiné des données provenant de différents instruments et observatoires à travers le monde, notamment le spectromètre HPF (Habitable Zone Planet Finder) installé au télescope Hobby-Eberly au Texas. Cet instrument, conçu pour détecter des planètes semblables à la Terre autour d’étoiles froides, a joué un rôle crucial dans la confirmation de l’existence de GJ 251 c.
Le spectromètre EUX, également développé par des chercheurs de Penn State et opérationnel à l’observatoire national de Kitt Peak en Arizona, a permis de corroborer les résultats obtenus avec le HPF. L’accord entre les deux instruments a renforcé la confiance dans la découverte.
La technique utilisée pour détecter GJ 251 c repose sur la mesure des « oscillations stellaires », c’est-à-dire les légers déplacements de la lumière d’une étoile causés par l’attraction gravitationnelle d’une planète. Ces variations, détectables grâce à l’effet Doppler, permettent de déduire la masse et la période orbitale de la planète sans avoir à l’observer directement.
Les chercheurs ont également affiné les mesures de GJ 251 b, une planète intérieure déjà connue qui orbite autour de la même étoile en 14 jours. En combinant les données historiques avec les nouvelles observations de haute précision du HPF, ils ont identifié le signal plus faible, mais significatif, de GJ 251 c.
L’activité magnétique des étoiles naines rouges peut parfois générer de faux signaux imitant la présence d’une planète. Pour surmonter cet obstacle, l’équipe a appliqué des techniques avancées d’atténuation de l’activité, basées sur la comparaison de signaux à différentes longueurs d’onde. Cela leur a permis de séparer plus précisément le signal planétaire du « bruit » généré par l’étoile.
« Nous sommes à la pointe de la technologie et des méthodes d’analyse avec ce système », a commenté Barbe Corey, auteur correspondant de l’article. « Nous avons besoin de la prochaine génération de télescopes pour pouvoir imager directement ce candidat, mais nous avons également besoin d’un investissement de la communauté. »
La proximité du système GJ 251 – à seulement 5,5 parsecs, soit un peu plus de 17 années-lumière – permettra aux futurs télescopes de 30 mètres d’analyser la composition de l’atmosphère de GJ 251 c avec une précision sans précédent. La détection de gaz biogènes, tels que l’oxygène ou le méthane, pourrait indiquer la présence de vie.
Selon les scientifiques, le télescope spatial James Webb (JWST) pourrait également jouer un rôle crucial dans l’étude de GJ 251 c.
pourrait détecter des gaz biogènes dans les atmosphères d’exoplanètes habitables autour d’étoiles de faible masse (NASA Policy Research and Technology).
La découverte de GJ 251 c représente une étape importante dans la recherche de planètes semblables à la Terre et ouvre de nouvelles perspectives pour l’exploration de l’univers à la recherche de vie.


