Publié le 21 décembre 2025 07:31:00. Des changements subtils dans les habitudes de conduite, comme une diminution des trajets ou une prudence accrue, pourraient signaler un déclin cognitif précoce, voire les premiers stades de la démence. Une étude récente met en lumière l’importance de surveiller ces évolutions chez les personnes âgées.
- Une étude de l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis a suivi près de 300 participants âgés de 75 ans en moyenne pendant plus de trois ans.
- Les chercheurs ont constaté que les personnes présentant un trouble cognitif léger (TCL) avaient tendance à conduire moins souvent, sur des distances plus courtes et plus rarement la nuit que les conducteurs en bonne santé cognitive.
- Les changements dans le comportement de conduite pourraient être détectés avec une précision allant jusqu’à 87 % en combinant les données de conduite et les résultats des tests cognitifs.
Les premiers signes de démence se manifestent rarement par une perte de mémoire soudaine et spectaculaire. Ils se révèlent plutôt par des oublis mineurs, des difficultés à suivre une conversation ou le non-respect de rendez-vous, selon l’Initiative de recherche sur la maladie d’Alzheimer (AFI). Mais saviez-vous que ces premiers signaux d’alerte peuvent également se manifester au volant ?
L’étude menée par l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis a examiné si le comportement de conduite des personnes âgées atteintes d’un trouble cognitif léger (TCL) évoluait différemment de celui des conducteurs en bonne santé cognitive. Pendant une période de 40 mois, les chercheurs ont analysé les données GPS de 298 participants, enregistrant la fréquence et la durée de leurs trajets, les heures de conduite, la vitesse et les freinages brusques. Ces données ont été croisées avec des tests neuropsychologiques et cliniques annuels pour évaluer leurs performances mentales.
Parmi les participants, 242 étaient considérés comme ayant une bonne santé cognitive, tandis que 56 présentaient un TCL. L’AFI précise que le TCL peut être un précurseur de la démence. Au début de l’étude, les styles de conduite des deux groupes ne différaient pas significativement. Cependant, au fil des mois, une tendance claire est apparue : les personnes dont les capacités cognitives déclinaient conduisaient moins souvent, sur des distances plus courtes et, surtout, moins fréquemment la nuit. Leur conduite devenait également plus prudente.
Les chercheurs ont développé des modèles capables de prédire un déclin cognitif existant ou en développement avec une précision d’environ 82 % en se basant uniquement sur les données de conduite. L’ajout de données démographiques telles que l’âge et le sexe a permis d’atteindre un taux de réussite de 87 %. Bien que prometteurs, ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L’échantillon étudié était relativement restreint et peu diversifié, avec une forte proportion de participants d’origine ethnique similaire. De plus, les enregistreurs GPS ne capturaient pas tous les aspects de la capacité de conduite, comme le maintien dans la voie ou la perception des dangers.
La démence, littéralement « sans esprit », se caractérise par une perte progressive des capacités mentales, comme l’explique le Ministère fédéral de la Santé. Les premiers signes incluent souvent des troubles de la mémoire à court terme : difficultés à se souvenir d’événements récents, oublis de rendez-vous ou questions répétées. À mesure que la maladie progresse, la mémoire à long terme peut également être affectée. D’autres symptômes courants incluent une diminution de l’attention, des difficultés d’élocution, une compréhension limitée, une capacité de raisonnement altérée et des problèmes d’orientation.
Les personnes souffrant de troubles de la mémoire ou de démence précoce doivent faire preuve de prudence particulière au volant. Selon le Ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, de la Femme et de la Jeunesse, il est possible de continuer à conduire aux premiers stades de la démence. Cependant, lorsque la démence d’Alzheimer progresse, la capacité à conduire en toute sécurité peut être compromise. La réglementation applicable est définie dans l’annexe 4 de l’ordonnance sur le permis de conduire. Il est recommandé de faire évaluer régulièrement son aptitude à conduire par un spécialiste (psychiatre ou neurologue) après un diagnostic.
