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Changer votre style de conduite peut être le premier signe avant-coureur de la démence

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 07:12:00. Des changements subtils dans les habitudes de conduite pourraient signaler un déclin cognitif précoce, voire les premiers stades de la démence, selon une étude récente. Comprendre ces signaux pourrait permettre une détection plus précoce et une prise en charge adaptée.

  • Les premiers signes de troubles cognitifs peuvent se manifester par des modifications du comportement au volant.
  • Une étude de l’Université de Washington à Saint-Louis a révélé que les personnes présentant un déclin cognitif ont tendance à conduire moins souvent, sur des distances plus courtes et moins fréquemment la nuit.
  • Les changements dans le comportement de conduite pourraient être prédictifs d’une déficience cognitive avec une précision allant jusqu’à 87 %, en tenant compte de facteurs démographiques.

La démence ne se manifeste pas toujours par des pertes de mémoire spectaculaires. Elle débute souvent par des oublis mineurs, des difficultés à suivre une conversation ou à se souvenir de rendez-vous. Selon l’Initiative de recherche sur la maladie d’Alzheimer (AFI), ces petits changements dans la vie quotidienne peuvent être les premiers signes d’un trouble cognitif.

Une étude menée par l’École de médecine de l’Université de Washington à Saint-Louis a exploré le lien entre les capacités cognitives et le comportement au volant. Les chercheurs ont suivi 298 participants d’un âge moyen de 75 ans pendant 40 mois. Grâce à des enregistreurs GPS installés dans leurs véhicules, ils ont analysé la fréquence et la durée de leurs trajets, les heures de conduite, la vitesse et les freinages brusques. Parallèlement, des tests neuropsychologiques et cliniques ont été réalisés annuellement pour évaluer leurs performances mentales.

Parmi les participants, 242 étaient considérés comme ayant une bonne santé cognitive, tandis que 56 présentaient un trouble cognitif léger (MCI). L’AFI précise que le MCI peut être un précurseur de la démence. Au début de l’étude, les habitudes de conduite des deux groupes ne différaient pas significativement. Cependant, au fil du temps, une tendance claire est apparue : les personnes dont les capacités cognitives déclinaient conduisaient moins souvent, sur des distances plus courtes et plus rarement la nuit. Leur style de conduite devenait également plus prudent.

Les chercheurs ont développé des modèles capables de prédire une déficience cognitive existante ou en développement avec une précision d’environ 82 % en se basant sur les données de conduite et les résultats des tests. L’ajout de données démographiques telles que l’âge et le sexe a permis d’atteindre une précision de 87 %.

Il est important de noter que les scientifiques soulignent la nécessité de prudence quant à la généralisation de ces résultats. L’échantillon étudié était relativement petit et peu diversifié, avec une forte proportion de participants d’origine ethnique similaire. De plus, les enregistreurs GPS ne capturaient pas tous les aspects de la capacité de conduite, tels que le maintien dans la voie ou la perception des dangers. Des examens de conduite réguliers restent donc essentiels.

L’AFI rappelle que le trouble cognitif léger ne conduit pas systématiquement à la démence. Certaines personnes stabilisent leur état sans progresser vers une forme plus sévère. Des études plus vastes et diversifiées sont donc nécessaires pour mieux comprendre comment la démence se manifeste dans le comportement au volant.

La démence, qui signifie littéralement « perte de l’esprit », se caractérise par une limitation ou une perte des capacités mentales, comme le précise le Ministère fédéral de la Santé.

Les premiers signes incluent souvent des troubles de la mémoire à court terme, des difficultés à se souvenir de faits récents, des oublis de rendez-vous ou des questions répétées. À mesure que la déficience mentale progresse, d’autres symptômes peuvent apparaître, tels que :

  • Diminution de l’attention
  • Difficultés d’élocution
  • Difficultés de compréhension
  • Altération des capacités de raisonnement
  • Difficultés d’orientation

Les personnes souffrant de troubles de la mémoire ou de démence doivent faire preuve de prudence accrue lorsqu’elles conduisent. Selon le Ministère fédéral de la Famille, des Personnes âgées, de la Femme et de la Jeunesse, il est encore possible de conduire aux premiers stades de la démence. Toutefois, lorsque la maladie d’Alzheimer progresse, la capacité à conduire en toute sécurité peut être compromise. La base juridique de cette restriction figure à l’Annexe 4 de l’ordonnance sur le permis de conduire.

En cas de diagnostic, il est recommandé de faire évaluer son aptitude à conduire par un spécialiste en psychiatrie ou en neurologie, comme le conseille le ministère.

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