Publié le 14 octobre 2025 17h36. Une comète interstellaire, baptisée 3I/Atlas, suscite l’émoi des astronomes. Détectée grâce à un réseau de télescopes chilien, elle pourrait être bien plus imposante que prévu, offrant une occasion unique d’étudier un vestige de l’aube de notre galaxie.
- L’astrophysicien Avi Loeb estime que le noyau de la comète pourrait dépasser les 5 kilomètres de diamètre et atteindre une masse de 33 milliards de tonnes.
- Les données du télescope spatial James Webb révèlent une activité plus intense que prévu, avec une éjection de matière particulièrement importante.
- 3I/Atlas se déplace à une vitesse record de près de 58 kilomètres par seconde (208 000 km/h) et atteindra son point le plus proche du Soleil fin octobre.
La comète 3I/Atlas, découverte en juillet 2025 par le système Atlas (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System), un réseau de télescopes financé par la NASA et basé à Río Hurtado, au Chili, défie les estimations initiales des astronomes. Sa trajectoire hyperbolique, qui ne la retient pas dans l’attraction gravitationnelle du Soleil, indique qu’elle provient de l’espace interstellaire et qu’elle ne reviendra pas.
Les images capturées le 6 août par le télescope spatial James Webb ont permis d’analyser la vitesse d’éjection de la matière à la surface de la comète. Ces observations ont révélé une activité bien plus importante que ce qui avait été anticipé, conduisant l’astrophysicien de Harvard, Avi Loeb, à reconsidérer les dimensions de l’objet. Selon ses estimations, le noyau de 3I/Atlas pourrait dépasser les 5 kilomètres de diamètre, avec une masse potentielle supérieure à 33 milliards de tonnes. Une telle taille en ferait l’une des plus grandes comètes interstellaires jamais observées, surpassant largement 1I/’Oumuamua et 2I/Borisov.
La comète se distingue également par sa couleur. Composée principalement de dioxyde de carbone et de glace d’eau, elle présente une légère lueur verdâtre qui intrigue les scientifiques. La sonde européenne ExoMars TGO, en orbite autour de Mars, a capturé une image rapprochée de la coma, le nuage de gaz et de poussière entourant le noyau, révélant une luminosité inhabituelle lors d’une éclipse lunaire. Les composés responsables de cette couleur ne sont pas détectés en grande quantité dans le spectre analysé, ce qui ajoute au mystère.
Pour les astronomes, le passage de 3I/Atlas représente une occasion unique d’étudier un fragment formé à l’aube de la Voie Lactée. Certaines études suggèrent que cette comète pourrait avoir jusqu’à 10 milliards d’années, ce qui en ferait une véritable capsule temporelle préservant les matériaux primitifs d’autres systèmes stellaires.
Rendu artistique de la comète 3I/ATLAS traversant l’espace lointain. Photo:Nasa
Cependant, l’astrophysicien Avi Loeb soulève des questions qui divisent la communauté scientifique. Il suggère que certaines propriétés de 3I/Atlas pourraient être anormales, notamment sa luminosité irrégulière, sa composition chimique atypique et l’intensité de son éjection gazeuse. Il n’est pas la première fois que Loeb propose des hypothèses audacieuses : en 2017, il avait déjà émis l’idée que l’objet ‘Oumuamua pourrait avoir une origine non naturelle, une position qui avait suscité la controverse.
Alors que 3I/Atlas s’approche de son point le plus proche du Soleil, prévu pour fin octobre, les observatoires du monde entier se préparent à poursuivre son observation. Les prochaines semaines seront cruciales pour confirmer sa taille et sa structure, et pour tenter de répondre à une question fondamentale : quelles histoires voyagent à travers l’univers avec ces corps célestes, et pourquoi certains d’entre eux, comme cette comète, semblent défier la disparition ?
La comète s’approche de son point le plus proche du Soleil. Photo:X : @PolymarketIntel
