Publié le 18 janvier 2024. Alors que la pression des examens d’entrée à l’université s’intensifie, un étudiant de l’Université de Tokyo décrypte les stratégies alternatives pour les élèves qui pourraient ne pas atteindre leurs objectifs initiaux, notamment l’option d’un changement d’orientation vers les lettres.
- Pour les étudiants en sciences qui échouent aux examens d’entrée, se tourner vers les lettres peut être une option, mais elle comporte des risques.
- Certaines universités offrent des voies d’accès spécifiques pour les étudiants en sciences souhaitant intégrer des filières littéraires.
- L’auteur souligne qu’il est possible de combiner les compétences scientifiques et littéraires, et que la distinction entre ces domaines est artificielle.
Dans le manga Dragon Sakura 2, de Norifusa Mita, l’entrepreneur Kenji Sakuragi, diplômé de l’Université de Tokyo, conseille à Ryo Fujii, un brillant élève en sciences, de reconsidérer ses options après un résultat décevant au test commun d’entrée à l’université. Sakuragi lui suggère de se tourner vers les lettres et d’intégrer une classe préparatoire en arts libéraux.
Atsuma Tsuchida, étudiant actuel à l’Université de Tokyo (diplômé 2), analyse cette situation dans le cadre d’une série dédiée à l’état actuel de l’éducation et des examens d’entrée au Japon. Il met en garde contre les dangers d’un changement d’orientation précipité pour les étudiants en sciences. Selon lui, il est difficile de maîtriser les matières littéraires dans un délai aussi court, et le doute peut rapidement s’installer.
L’Université de Tokyo, en particulier, exige une solide connaissance de deux matières d’études sociales (histoire du Japon, histoire du monde ou géographie) lors des examens de deuxième session. Ces épreuves évaluent non seulement la mémorisation, mais aussi la capacité à analyser et à synthétiser des informations. Tsuchida estime qu’il est déconseillé de tenter sa chance dans ces matières sans une base solide préalable.
Cependant, il existe des alternatives pour les étudiants souhaitant éviter de se retrouver sans filière après les examens. L’École de sciences politiques et d’économie de l’Université Waseda, par exemple, accepte les candidatures basées sur les résultats du test commun pour les filières scientifiques. La sélection générale met l’accent sur la compréhension de textes complexes en japonais et en anglais, permettant aux étudiants en sciences de concourrir sur un pied d’égalité avec leurs homologues en lettres. “Dragon Sakura 2” illustre ces enjeux.
Certaines universités nationales et publiques proposent également des places réservées aux étudiants en sciences dans leurs filières littéraires. La Faculté d’économie de l’Université du Tohoku, par exemple, offre des places aux étudiants ayant suivi les cours de mathématiques de niveau III. De même, la Faculté d’économie de l’Université Hitotsubashi permet aux candidats de choisir des questions incluant les mathématiques de niveau III lors de leurs examens finaux.
À partir de 2023, l’Université Hitotsubashi a créé une nouvelle école de sciences sociales et de données, qui fusionne les disciplines scientifiques et humaines. Cette école est ouverte aux étudiants issus de toutes les filières, y compris les sciences, et propose un examen de deuxième session particulièrement prisé par les étudiants en sciences ayant rencontré des difficultés lors de la première phase des examens nationaux.
Tsuchida souligne que changer de filière, qu’il s’agisse de passer des lettres aux sciences ou inversement, est une décision importante qui demande du courage et une remise en question de ses acquis. Il insiste sur le fait que la distinction entre les lettres et les sciences est artificielle et qu’il est tout à fait possible de combiner les compétences issues de ces deux domaines.
Il cite l’exemple d’un ami lycéen qui a initialement opté pour une filière littéraire, mais qui envisage désormais de se réorienter vers les sciences. Cet ami possède une solide culture générale et une capacité d’analyse, tout en étant capable d’appliquer des méthodes scientifiques pour résoudre des problèmes.
Plutôt que de considérer un changement de filière comme un « abandon », Tsuchida propose de le voir comme une opportunité d’acquérir de nouvelles compétences et d’élargir son champ de connaissances. Il encourage les étudiants à ne pas se laisser enfermer dans des catégories rigides et à explorer toutes les possibilités qui s’offrent à eux.




