Publié le 19 octobre 2025 à 05:21:00. Les banques européennes entrent dans une période de résultats trimestriels sous haute tension, alors que les inquiétudes liées au crédit, déjà palpables aux États-Unis, gagnent du terrain sur le Vieux Continent, fragilisant un secteur clé de l’économie.
- Les grandes banques européennes, dont Unicredit, Barclays, Lloyds Banking Group et NatWest, publient leurs résultats cette semaine.
- Les dirigeants du secteur financier américain ont récemment exprimé des craintes croissantes concernant le risque de crédit, ce qui alimente les inquiétudes en Europe.
- Les banques européennes sont confrontées à des défis spécifiques, notamment l’impact potentiel des sanctions commerciales sur leurs portefeuilles de prêts.
La saison des résultats des banques européennes s’ouvre dans un contexte de nervosité grandissante. Vendredi dernier, les valeurs bancaires européennes ont subi une forte baisse, reflétant les craintes liées à la santé du crédit. Cette situation intervient à un moment délicat pour les prêteurs de la région, déjà confrontés à des marges de financement réduites et à une conjoncture économique incertaine.
La semaine dernière, plusieurs figures de proue de la finance américaine ont tiré la sonnette d’alarme. Jamie Dimon, PDG de JPMorgan, a mis en garde contre un risque de contagion, déclarant que « quand on voit un cafard, il y en a probablement d’autres ». Jane Fraser, PDG de Citi Group, a quant à elle évoqué des « poches de valorisation artificielles », tandis que Marc Rowan, patron d’Apollo, a suggéré qu’il y avait eu une « tendance à prendre des raccourcis » dans l’octroi de crédit.
Ces avertissements américains suscitent des interrogations quant à leur impact sur l’Europe. Les analystes s’attendent à ce que les dirigeants des banques européennes abordent ces préoccupations lors de leurs conférences de résultats. Filippo Alloatti, responsable des finances chez Federated Hermes, estime que les PDG vont privilégier l’analyse des risques liés au crédit par rapport aux facteurs macroéconomiques. Johann Scholtz, de Morningstar, souligne qu’il sera intéressant d’observer la transparence des équipes de direction concernant l’évolution future de la qualité du crédit.
M. Scholtz s’inquiète particulièrement des portefeuilles de prêts aux entreprises et aux petites et moyennes entreprises, estimant que le marché sous-estime l’impact potentiel des droits de douane sur ces portefeuilles.
Unicredit, Barclays, Lloyds Banking Group et NatWest ouvriront le bal des publications financières en Europe et au Royaume-Uni. Lloyds Banking Group devra faire face à une nouvelle provision de 1,95 milliard de livres sterling (environ 2,3 milliards d’euros) en raison d’une décision réglementaire concernant la vente abusive de prêts automobiles. La Financial Conduct Authority estime que ce scandale pourrait coûter jusqu’à 11 milliards de livres sterling (environ 13 milliards d’euros) aux banques britanniques. IG prévoit que cette charge compensera les bons résultats de la banque, qui, contrairement à certains de ses concurrents européens, continue de voir ses revenus nets d’intérêts augmenter.
Unicredit poursuit également ses ambitions de croissance externe, augmentant sa participation dans la banque grecque Alpha Bank à 26 %. Andrea Orcel, PDG d’Unicredit, a déclaré :
« Nous sommes reconnaissants envers le gouvernement grec, la banque centrale et les autres institutions grecques de nous avoir accueillis et encouragés nos investissements. »
Andrea Orcel, PDG d’Unicredit
Toutefois, les projets d’expansion d’Unicredit en Allemagne rencontrent une plus grande résistance.
Données économiques et résultats cette semaine :
Lundi : données sur le PIB de la Chine
Mardi : résultats de L’Oréal, Coca Cola, Netflix
Mercredi : données sur l’inflation au Royaume-Uni, résultats d’Unicredit, Barclays et Tesla
Jeudi : résultats d’Unilever, Lloyds Banking Group, SAP et Intel
Vendredi : données PMI France, Allemagne, Royaume-Uni, résultats Natwest, Procter & Gamble
