Le nombre d’enfants référés aux services de santé mentale en Angleterre a dépassé le million pour la première fois, selon les données officielles publiées ce 29 juin 2026. Cette hausse de 10 % en un an s’accompagne d’une augmentation marquée des cas d’anxiété, qui représentent désormais 16 % des motifs de consultation, tandis que les suspicions d’autisme ont bondi de près de 50 % en un an, atteignant plus de 96 000 cas. Ces chiffres, tirés du rapport annuel de la Commissaire aux enfants et aux jeunes pour l’Angleterre, révèlent une pression sans précédent sur un système déjà sous tension.
L’explosion des références et des troubles neurodéveloppementaux en santé mentale infantile
Plus d’un tiers des enfants référés attendent toujours une prise en charge, dont plus de 60 000 depuis plus de deux ans, soit une hausse par rapport aux 44 000 enfants dans la même situation l’année précédente. La Commissaire aux enfants, Dame Rachel de Souza, qualifie ces chiffres de « frappants » et souligne que moins d’un enfant sur cinq suspecté d’autisme ou de troubles neurodéveloppementaux a effectivement bénéficié d’un accompagnement en 2024-2025. Ceux qui ont pu être aidés ont attendu en moyenne un an pour obtenir des soins.

Les disparités sont également marquées selon les origines ethniques et le niveau de précarité. Les enfants noirs et asiatiques sont sous-représentés dans les références, mais lorsqu’ils sont orientés vers les services, ils sont plus susceptibles de se trouver en crise : un enfant noir sur quatre est référé en situation de détresse aiguë, contre 16 % des enfants asiatiques et seulement 7,4 % des enfants blancs. Par ailleurs, les enfants issus des 10 % de zones les plus défavorisées représentent 15 % des références, contre 7,6 % pour les zones les moins défavorisées.
Les inégalités ethniques et socio-économiques dans l’accès aux soins
Dame Rachel de Souza insiste sur la nécessité d’une refonte des services, avec une meilleure coordination entre santé, éducation et protection sociale pour offrir un soutien précoce et adapté, notamment dans les écoles et les communautés. Elle met en garde contre le fait que la demande dépasse largement la capacité et le financement actuels du système.
L’association YoungMinds, qui milite pour la santé mentale des jeunes, exprime une vive préoccupation face aux obstacles supplémentaires et aux temps d’attente prolongés, en particulier pour les enfants issus de minorités ethniques ou présentant des troubles neurodéveloppementaux. Selon elle, ces inégalités soulignent un besoin urgent de réformes structurelles pour garantir un accès équitable aux soins.
Les appels urgents à une réforme des services de santé mentale pédiatrique
Alors que les services de santé mentale peinent à absorber cette demande record, les autorités appellent à une mobilisation accrue des ressources et à une collaboration renforcée entre les différents acteurs. La question des délais d’attente et des inégalités d’accès aux soins reste au cœur des débats, tandis que les familles et les professionnels de santé s’interrogent sur les solutions à mettre en œuvre pour éviter une crise humanitaire plus large.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer la capacité des pouvoirs publics à répondre à cette situation, alors que les enfants et les jeunes continuent de souffrir en silence, dans l’attente d’une aide qui tarde à venir.
Find more reporting in our Nouvelles section.
