Home AffairesLes actions bancaires mondiales se vendent alors que les craintes grandissent concernant les prêts douteux

Les actions bancaires mondiales se vendent alors que les craintes grandissent concernant les prêts douteux

by Amélie Bernard

Publié le 17 octobre 2025 18:32. Les actions des banques mondiales ont connu une forte baisse vendredi, suite à des inquiétudes croissantes concernant la qualité des prêts aux États-Unis, qui se sont propagées aux marchés européens et asiatiques.

  • Les valeurs bancaires américaines ont été particulièrement touchées, avec des baisses significatives pour Jefferies, Zions Bancorporation et Western Alliance Bank.
  • L’indice bancaire régional Stoxx a chuté de près de 3 % en Europe, tandis que les actions de Sabadell, Deutsche Bank et Barclays ont également reculé.
  • Des inquiétudes similaires se sont manifestées en Asie-Pacifique, affectant notamment les institutions financières japonaises exposées au marché américain.

La crainte d’une détérioration de la qualité des actifs bancaires s’est intensifiée après que plusieurs prêteurs américains ont révélé des créances douteuses. Les investisseurs s’interrogent sur la gestion des risques et les normes de prêt, notamment après les faillites récentes d’entreprises liées à l’automobile, qui avaient déjà incité Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, à mettre en garde contre un risque de contagion.

En préouverture, les principales banques américaines ont affiché des baisses notables : J.P. Morgan perdait 1,5 %, Citi 1,9 % et Bank of America 2,9 %. Cette tendance baissière s’est confirmée en Europe, où l’indice bancaire régional Stoxx a plongé de près de 3 %. La banque espagnole Sabadell, récemment visée par une tentative de rachat infructueuse par BBVA, a subi une chute de 8,9 %. Deutsche Bank a cédé 6,9 % et Barclays 5,4 %.

L’Asie-Pacifique n’a pas été épargnée. Les sociétés financières japonaises exposées aux marchés américains ont été particulièrement affectées, avec une baisse de 4 % pour le Groupe financier Mizuho, et de 4,7 % et 3,5 % respectivement pour les assureurs Sompo Holdings et Tokyo Marine. Les actions HSBC cotées à Hong Kong ont reculé de 2 %.

Jefferies a vendu jeudi suite à la publication de mauvaises nouvelles concernant ses pratiques de prêt. Zions Bancorporation a perdu plus de 13 % et Western Alliance Bank a chuté de plus de 10 %. L’ETF SPDR S&P bancaire régional (KRE) a terminé la séance en baisse de plus de 6 %, avec seulement une composante du fonds terminant en territoire positif.

Selon Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, certaines poches du secteur bancaire américain suscitent des inquiétudes qui se répercutent désormais sur les indices européens.

« Les investisseurs commencent à se demander pourquoi il y a eu une pléthore de problèmes en peu de temps et si cela indique une mauvaise gestion des risques et des normes de prêt laxistes. »

Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell

Il ajoute que le recul des banques britanniques est principalement dû au sentiment des investisseurs, qui ont été effrayés et ont choisi de réduire leur exposition au secteur par précaution.

David Barker, gestionnaire d’investissement de GAM, a cependant souligné qu’il n’y avait actuellement aucune preuve de problèmes structurels profonds de prêts.

« Le principal problème semble être l’intégrité des garanties, les garanties étant promises deux fois ou étant frauduleuses. Cela suggérerait que les pertes sont idiosyncratiques et qu’il n’y a pas encore de preuve d’autres problèmes. »

David Barker, gestionnaire d’investissement chez GAM

Il explique que les banques, les assureurs et les gestionnaires alternatifs européens vendent leurs titres « par sympathie », leur surperformance au cours de l’année exacerbant le ralentissement. Il rappelle que le secteur bancaire a été l’un des points forts de la hausse des actions européennes cette année, avec un indice en hausse de plus de 50 % en 2025. Il s’attend à ce que la liquidation des banques européennes de ce matin soit de courte durée, à condition qu’il n’y ait pas d’autres chocs.

— Alex Harring et Sarah Min de CNBC ont contribué à cet article.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.