Publié le 30 novembre 2023 14:15. Toyota mise sur une technologie de batterie révolutionnaire à semi-conducteurs pour propulser ses futurs véhicules électriques, avec l’ambition de lancer un premier modèle de série dès 2027 et de redéfinir l’avenir de l’automobile.
- Toyota s’associe à Sumitomo Metal Mining pour la production en masse des matériaux cathodiques essentiels à ces nouvelles batteries.
- Les batteries à semi-conducteurs promettent une autonomie accrue, des temps de charge réduits et une efficacité énergétique améliorée par rapport aux batteries lithium-ion traditionnelles.
- Le Japon investit massivement dans le développement de cette technologie pour réduire sa dépendance aux fournisseurs asiatiques.
Le constructeur automobile japonais Toyota accélère sa transition vers l’électrique en misant sur une technologie de rupture : les batteries à semi-conducteurs. L’entreprise a annoncé son intention de commercialiser un premier véhicule électrique équipé de cette nouvelle génération de batteries dès 2027, voire 2028, une échéance qui témoigne de l’accélération des efforts de recherche et développement.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, Toyota a renforcé son partenariat avec Sumitomo Metal Mining Co. Cette collaboration, initiée en 2021, se concentre sur la production à grande échelle des matériaux cathodiques, un composant crucial des batteries à semi-conducteurs. La technologie de synthèse de poudre unique développée par Sumitomo permet de créer un matériau cathodique particulièrement durable, spécifiquement conçu pour optimiser les performances de ces cellules énergétiques de nouvelle génération. Sumitomo, déjà un fournisseur reconnu de cathodes pour l’industrie automobile, concentre désormais ses efforts sur l’industrialisation de cette technologie prometteuse.
Les batteries à semi-conducteurs se distinguent des batteries lithium-ion classiques par l’utilisation d’un électrolyte solide, en remplacement de l’électrolyte liquide. Cette conception innovante permet de réduire la taille et le poids des batteries tout en augmentant leur efficacité et leur durée de vie. Toyota souligne que cette approche ouvre la voie à des véhicules électriques plus légers, offrant ainsi plus d’espace aux passagers et aux bagages sans compromettre les performances.
L’initiative de Toyota s’inscrit dans une stratégie nationale plus large visant à renforcer l’indépendance industrielle du Japon dans le domaine des batteries. Le gouvernement japonais, conscient de sa dépendance vis-à-vis de la Chine et de la Corée du Sud, a mis en place un plan d’investissement de plus de 7 milliards de dollars (environ 6,4 milliards d’euros) pour soutenir le développement d’une filière nationale de production de batteries. Toyota a d’ores et déjà obtenu en septembre dernier la certification du ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) pour démarrer la production de ces batteries sur son territoire.
En parallèle de son partenariat avec Sumitomo Metal Mining, Toyota collabore avec d’autres entreprises japonaises, comme Idemitsu Kosan, qui prévoit de construire une usine de production de sulfure de lithium, un matériau essentiel à la fabrication des batteries à semi-conducteurs. Cette usine, dont la mise en service est prévue pour 2027, devrait atteindre une capacité de production de 1 000 tonnes de sulfure de lithium par an. Idemitsu ambitionne également de lancer la production en série de batteries à semi-conducteurs à la même date, confirmant l’engagement commun des acteurs japonais dans cette technologie de pointe.
Si Toyota se positionne comme un pionnier dans le développement des batteries à semi-conducteurs, d’autres constructeurs automobiles, comme Mercedes-Benz, explorent également cette voie. Mercedes teste actuellement des batteries à semi-conducteurs capables d’offrir une autonomie de plus de 1 000 km. La société Farasis prévoit quant à elle de démarrer la production de ces batteries dès cette année. Cette course à l’innovation souligne le potentiel considérable des batteries à semi-conducteurs et leur capacité à transformer l’industrie automobile électrique, en rendant les véhicules plus performants, plus durables et moins dépendants des énergies fossiles.
